Quand j’ai fait le plan des articles que je voulais écrire en démarrant mon blog, c’est celui là que j’avais le plus hâte de commencer. Tout simplement parce que les Hautes-Terres font partie de mes endroits préférés d’Islande ! Il y a une Islande que tout le monde connaît, la côte sud, le Cercle d’Or, Reykjavik, et il y a l’autre Islande, celle du centre, inaccessible la majeure partie de l’année, sans route goudronnée, sans station-service, sans trop de réseau (parfois). Celle qu’on appelle les Hautes-Terres ou Miðhálendi en islandais (ou très facilement les Highlands en anglais). Cette zone représente environ 40% de la superficie totale du pays, et elle est habitée par exactement ✨zéro personne✨ en permanence. C’est l’un des derniers grands espaces sauvages d’Europe, et c’est (je dis ça sans la moindre hésitation) la partie la plus extraordinaire de l’île.
Les Hautes-Terres ne sont accessibles qu’en été, généralement de mi-juin à mi-septembre, et uniquement en 4×4. Ce n’est pas une recommandation, c’est une réalité légale : circuler sur les routes F avec un véhicule de location standard est interdit en Islande, et peut entraîner des amendes très salées. La bonne nouvelle, c’est que cette contrainte naturelle protège ces espaces fragiles et limite la fréquentation, ce qui vous garantit souvent des expériences magiques et d’être seul dans des paysages extraordinaires.
Dans cet article, je vous présente les endroits qui m’ont le plus marquée dans les Hautes-Terres islandaises, mais vous pourrez retrouver tous ces spots et bien d’autres plus secrets sur ma carte interactive de l’Islande.

Ce qu’il faut savoir avant de partir dans les Hautes-Terres
Avant même de parler des spots, quelques infos pratiques qui peuvent faire la différence entre une belle aventure et une très mauvaise journée :
🚗 Le 4×4 est obligatoire : pas « optionnel », pas « fortement recommandé », juste obligatoire. Certaines pistes comportent des gués à traverser, des kilomètres de gravier et de nids-de-poule et des sections où une voiture deux roues motrices se retrouverait bloquée dans les 5 premières minutes. Louez un vrai 4×4 avec une bonne garde au sol. Je suis partie cet été avec ma Micra depuis la France et malgré que je lui fasse la misère en France et les pays alentours, j’ai loué un 4×4 comme tout le monde 😅
🛣️ Vérifiez les routes avant de partir : road.is est votre meilleur ami ! Les routes F ouvrent et ferment selon la météo et les conditions de fonte des neiges, la date varie chaque année. Certaines routes restent fermées jusqu’en juillet certains étés. La route est en rouge = c’est non. Certaines ont même des barrières donc ça sert à rien de faire plusieurs kilomètres pour devoir faire demi-tour à l’entrée 😉
⛽️ Faites le plein avant : il n’y a pas de station-service dans les Hautes-Terres, zéro, nada, niet. Pas une seule station service à des centaines de kilomètres à la ronde. Faites le plein avant d’entrer, emportez de l’eau, de la nourriture et une veste chaude même en été. Si comme moi vous voulez éviter de vous retrouver avec un tank vide en plein milieu des Hautes-Terres et de devoir prendre une décision entre demander à des copains de faire 200km aller-retour pour m’apporter un jerrycan ou payer 3500€ pour un dépannage, faites le plein (et oui, ça arrive même aux gens « expérimentés »).
🔐 Enregistrez votre itinéraire : avant une sortie dans les Hautes-Terres, enregistrez votre plan sur safetravel.is. Vous devez renseigner vos infos de base et le déroulé de votre itinéraire. En cas de problème, les secours sauront où vous chercher. Théoriquement vous n’en aurez pas besoin car vous allez quand même de croiser quelques voitures sur votre route MAIS on ne sait jamais.

C’est partiiiiii pour mes endroits préférés des Hautes-Terres !
Landmannalaugar : les montagnes arc-en-ciel
C’est le site le plus connu des Hautes-Terres et aussi le plus accessible pour une première fois, et clairement il mérite totalement sa réputation. Landmannalaugar, dont le nom veut littéralement dire « les bains chauds du peuple », est un site volcanique d’une beauté hallucinante. Les montagnes de rhyolite qui l’entourent déclinent des teintes de vert, rouge, orange, jaune, bleu et gris, c’est une avalanche de couleurs irréelles, comme si une licorne avait décidé de vomir son goûter sur des montagnes pointues.
🚗 Accès : par la piste 208 nord (elle a perdu son « F » il y a quelques années mais ça reste une route où le 4×4 est nécessaire), la F225 (quelques gués à traverser) ou la F208 sud (de nombreux gués à traverser). 4×4 obligatoire. Camping et hébergement disponibles sur place à réserver et parking de Landmannalaugar à réserver si vous arrivez entre 9h et 16h (du 20/06 au 13/09), 1000ISK. Depuis Reykjavík vous pouvez faire des excursions à la journée vers Landmannalaugar en été.
🥾 Sur place, vous avez une source chaude naturelle et gratuite juste à côté du camping pour vous baigner après vos randonnées, des sentiers pour tous les niveaux, et un point de départ pour le trek du Laugavegur (55 km jusqu’à Þórsmörk en 3 à 5 jours) considéré comme l’un des plus beaux itinéraires de randonnée au monde. Vous allez en prendre plein les yeux depuis la voiture, alors imaginez en randonnée 😉



Quelques spots emblématiques à Landmannalaugar et autour :
- Bláhnúkur : « la montagne bleue », une boucle de 4-5h avec un point de vue à 360° au sommet
- Brennisteinsalda : un volcan aux couleurs spectaculaires, supplément fumerolles et couleurs souffrées
- Ljótipollur : un lac de cratère aux eaux bleues entouré de parois volcanique rouges
- Bláhylur : lac magnifique entourée de cratères vert vif, sur la route pour arriver à Landmannalaugar
- Sigöldugljúfur : aussi appelé « le canyon de la vallée des larmes », c’est l’un des canyons qu’on peut classer parmi les plus belles cascades d’Islande à mon avis
👉 Lors de ma première fois à Landmannalaugar en 2022, j’ai voulu faire la randonnée de Bláhnúkur. C’était notre vrai premier voyage avec mon compagnon Matthias donc la communication n’était pas encore au point et on a tous les deux pensé que l’autre avait pris l’eau pour la rando. Nous sommes partis vers 18h, après avoir marché jusqu’au sommet de Bláhnúkur (vue incroyable), nous avons décidé de continuer la boucle jusqu’au camping. On a pas mal traîné parce que la lumière était magnifique, mais au moment de traverser la rivière et de s’engager dans le champ de lave, impossible de trouver les piquets qui marquaient le chemin. De l’orage était prévu pour 2h du matin mais on voyait déjà le ciel s’assombrir et gronder. La nuit est tombée et j’ai fait une crise de panique, une vraie, celle où je pouvais plus respirer ou bouger.
On a décidé de revenir sur nos pas par sécurité, évidemment sous l’orage, dans le noir, sans eau. Nous sommes arrivés vers minuit et demi au refuge de Landma. D’où l’importance de s’enregistrer sur safetravel.is, parce qu’on était littéralement à 2km à vol d’oiseau du camping, mais personne ne savait où nous étions et les orages de montagne en plein dans les Hautes-Terres ne font pas rire les mouettes. Bref une expérience terrifiante mais qui m’aura bien servi de leçon 🥲




Þórsmörk : la vallée de Thor
Þórsmörk, qui veut dire « la forêt de Thor » (rien que ça !) est l’un de ces endroits dont la beauté est difficile à décrire parce qu’elle ne ressemble aucune autre région d’Islande. Coincée entre trois glaciers (l’Eyjafjallajökull, le Mýrdalsjökull et le Tindafjallajökull), la vallée est un paradoxe vivant : on peut y voir des rivières tressées qui serpentent sur des kilomètres de de sable noir, des montagnes recouvertes de mousse verte et des forêts de petits bouleaux. C’est assez déroutant en l’Islande de voir des arbres mais j’ai trouvé ça très rafraîchissant !
Þórsmörk est une zone moins touristique que Landmannalaugar parce que l’accès est plus compliqué, mais pour cette même raison, l’ambiance y est plus sauvage et plus intime. C’est le point d’arrivée du Laugavegur et le point de départ du sentier du Fimmvörðuháls vers Skógafoss, une randonnée de 25km qui traverse les coulées de lave créées par l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010, rando que j’espère bien réaliser en été 2027.
🚗 Accès : par la route F249 avec plusieurs gués à traverser, certains atteignant 60/80cm de profondeur selon les conditions. 4×4 avec une très haute garde au sol obligatoire, et de préférence de l’expérience en traversée de rivières. Hébergements disponibles sur place (à réserver ici). Plusieurs compagnies proposent des excursions à la journée vers Þórsmörk en été.
👉 Quand je suis allée à Þórsmörk en Juillet 2026, c’était avec des copains (qui se reconnaîtront en lisant ces lignes 👋), je me suis endormie comme un c*ca sur la banquette arrière juste avant de rentrer sur la F249 car j’ai beaucoup tiré sur la corde pendant ce voyage. Je me suis réveillée directement à Þórsmörk entourée par les arbres, c’est assez déroutant mais très chouette. On a fait une belle randonnée sous le soleil de minuit, celle de Valahnúkur Mountain, on était seules sur le sentier et la lumière était incroyable ! Je me suis rendormie sur le trajet retour donc j’ai pas vu les traversées des rivières mais ça secouait pas mal 😆





Kerlingarfjöll : les montagnes géothermiques
Kerlingarfjöll est un massif volcanique niché entre les glaciers Hofsjökull et Langjökull, dans les Hautes-Terres centrales. Le nom signifie « les montagnes de la vieille dame » en islandais, car selon la légende, il y aurait une « kerling » (une vieille femme ou une ogresse) pétrifiée au bord de la route F347, au pied des Kerlingarfjöll. C’est un grand caillou que vous pouvez voir un peu avant d’arriver à Kerlingarfjöll.
Les montagnes ont une couleur orange incroyable, des fumerolles, des mares de boue bouillonnante, des sources chaudes, des mini-glaciers à flanc de montagnes fumantes. Le contraste entre le blanc de la glace, l’orange de la rhyolite et le blanc des vapeurs est absolument magnifique (je suis pas du tout objective) !
🚗 Accès : ne pas se fier à Google Maps (uniquement à road.is) et emprunter la route F35 depuis Gullfoss, puis tourner à droite sur la F347 au panneau « Kerlingarfjöll », c’est impossible de se louper. Il n’y a pas de gué à traverser. Sur place vous pouvez dormir au Highland Base Kerlingarfjöll ou au camping qui est extrêmement bien fait (douches chaudes, toilettes propres, cuisine équipée…).
👉 Il y a beaucoup de randos à faire dans la zone, mais sachez que même juste le point de vue depuis le parking m’a fait claquer la rétine. On ressent toute la force brute de la nature, avec les couleurs des montagnes, les fumerolles, l’odeur de souffre.




Hveravellir : l’oasis géothermique de la route de Kjölur
Un peu moins connu que les montagnes voisines Kerlingarfjöll, Hveravellir est pourtant une halte magique dans les Hautes-Terres. Vous y trouvez des sources chaudes aux couleurs bleues et blanches, des fumerolles, des marmites de boue bouillonnante et surtout, une source chaude dans laquelle vous pouvez se baigner à +40°C si vous osez, avec vue sur les montagnes enneigées au loin.
🚗 Accès : comme pour Kerlingarfjöll, ne pas se fier à Google Maps (uniquement à road.is) et emprunter la route F35 depuis Gullfoss et bien rester sur cette route. Au panneau, prendre à gauche direction « Hveravellir ». Il n’y a pas de gué à traverser. Il y a un refuge/camping pour dormir, des toilettes plutôt propres et un petit restaurant.
👉 Ce que je préfère là bas c’est le lever de soleil, parce que les couleurs sont toutes douces et viennent bien contraster les sources d’eau bouillonnantes.


Lakagígar : les cratères du Laki, l’éruption qui a changé le monde
Dans l’une des zones d’Islande les moins visitées se dessine une rangée de 135 cratères, comme une monstrueuse cicatrice longue de 27km. Bienvenue à Lakagígar (« les cratères du Laki« ) l’un des sites volcaniques les plus spectaculaires et les moins connus des Hautes-Terres. Je suis extrêmement fan de cet endroit donc désolée d’avance pour le pavé !
L’histoire géologique de Laki est impressionnante : une éruption commence le 8 juin 1783 et une gigantesque fissure de 27km s’ouvre de part et d’autre de la zone, créant plus d’une centaine de cratères et laissant s’échapper 14km³ de lave pendant près de 8 mois. Les conséquences ont été catastrophiques : les trois quarts des moutons et des chevaux d’Islande ont été intoxiqués et sont morts, et près de 25% de la population islandaise a été décimée suite à une famine sans précédent. Les nuages de cendres ont recouvert une partie de l’Europe et filtré les rayons du soleil, entraînant un refroidissement notable et des perturbations climatiques à l’origine de mauvaises récoltes successives en France et en Europe.

Aujourd’hui, tout cet enfer refroidi est recouvert d’un tapis de mousse d’un vert surnaturel. Le contraste entre la violence de l’histoire et la douceur du paysage actuel est magnfique. Sur place, plusieurs randonnées sont possibles depuis le parking au pied du Laki : la montée au sommet du volcan (818 m, environ 1h30 AR) offre une vue à 360° sur toute la chaîne de cratères. La boucle F207 longe les cratères de plus près et passe devant le lac de cratère de Tjarnargigur, autour duquel vous pouvez faire une petite boucle.
👉 J’ai eu la chance d’y passer un peu moins de 24h (toute une nuit pour être exacte). Les couleurs sont juste incroyables et rien que la route est très scénique, le vert de la mousse succède au noir du sable, on a vraiment l’impression de rouler sur une planète complètement différente. S’il a bien plu dans les jours qui précèdent votre venue, la mousse sera vert vif 😉 C’est l’un des plus beaux endroits que j’ai jamais vus !
🚗 Accès : depuis la route 1, prenez la route 206. La piste F206 commence après environ 15km de route goudronnée, il faut compter environ 3h pour faire la boucle totale depuis la route 1, avec plusieurs gués à franchir. 4×4 obligatoire. Partez tôt le matin quand les gués sont généralement plus bas, et renseignez-vous auprès des rangers avant de vous engager sur la piste. Vous avez le camping de Blágil disponible sur place si vous souhaitez y dormir.




En résumé : choisir son expédition dans les Hautes-Terres
| Zone | Difficulté d’accès | Gués | Ce qui vous attend |
| Landmannalaugar | Facile, par la 208 nord | 2 (mais possible de s’arrêter avant) | Montagnes colorées, source d’eau chaude, randonnées |
| Þórsmörk | Difficile, par la F249 | Plusieurs gués profonds | Vallée glaciaire, randonnées |
| Kerlingarfjöll | Facile, par la 35 | Pas de gué | Géothermie, fumerolles, montagnes aux couleurs irréelles |
| Hveravellir | Facile, par la 35 + 735 | Pas de gué | Géothermie, fumerolles, source d’eau chaude |
| Lakagígar | Modérée à difficile, par la F206 + F207 | Entre 2 et 5 gués | Cratères recouverts de mousse verte |
Les Hautes-Terres ne pardonnent pas une mauvaise préparation, mais par contre elles récompensent généreusement ceux qui prennent le temps de s’y aventurer correctement équipés. Ce sont les paysages dont je parle le plus à ceux qui me demandent ce qu’ils ne doivent surtout pas rater en Islande !
Il y a d’autres zones des Hautes-Terres que je n’ai pas évoqués ici, un peu plus secrètes, et si vous voulez aller encore plus loin, j’ai créé un Guide Islande de 110 pages, avec absolument toutes les infos dont vous avez besoin our organiser votre voyage :
- 5 itinéraires clés en main, avec budgets
- Toutes les infos pratiques sur l’Islande
- Un guide détaillé des saisons
- Un guide complet sur la conduite en Islande
- Comment traverser les rivières dans les Hautes-Terres
- 3 guides photo exclusifs
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Et bien sûr ma carte interactive de plus de 500 spots photo est incluse !
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Dans tous les cas, préparez vous bien et profitez,
Marie


