Après six voyages en Islande il était grand temps que je découvre enfin la réserve naturelle de Hornstrandir. Fun fact, j’ai retrouvé il y a quelques mois une « liste de 100 rêves » que j’avais écrite à mes 18 ans, et « voir les renards polaires à Hornstrandir en Islande » était dedans. Impossible donc de ne pas réaliser mon rêve d’ado pendant l’été 2026 ☺️
Mais Hornstrandir demande un peu de préparation, car l’endroit est très isolé et se fait en totale autonomie (tente, nourriture, duvet…). J’y suis partie seule, pendant trois jours, avec pour objectif principal : voir des renards polaires. Et je peux déjà vous spoiler en vous disant que c’est l’une de mes plus beaux souvenirs de ce voyage de 2 mois en Islande !
Si vous voulez savoir comment accéder à Hornstrandir, comment organiser votre expédition, les infrastructures sur place, etc, j’ai écrit un article dédié à ce sujet. Dans cet article je vous raconte les trois jours que j’y ai passés et comment tout s’est déroulé !

Organiser mon expédition dans la réserve de Hornstrandir
Je rêvais de voir des renards polaires dans leur milieu naturel donc Hornstrandir était l’endroit idéal. C’est le seul endroit d’Islande où ils sont protégés et ne sont pas chassés, donc ils vivent leur meilleure vie sans la crainte d’être abattus.
Réservation des billets
J’ai réservé mes billets en Mai pour début Août, car j’ai contacté la compagnie de ferry qui m’a dit que les places se vendaient assez vite, surtout qu’il y avait l’éclipse solaire la semaine suivante. Je suis partie avec Borea Adventures pour le trajet Ísafjörður vers Hornvík, et j’ai réglé 274€ aller-retour en passant via ce site web. J’avais initialement envisagé d’arriver à Veiðileysufjörður pour faire la randonnée jusqu’à Hornvík, mais l’idée de faire 10km avec 600m de dénivelé et 20kg sur le dos m’ont découragée. J’ai préféré écouter la raison pour une fois ! J’ai laissé ma voiture au port de Ísafjörður, il y a un petit parking dédié.
Ce que j’ai pris dans mon sac
Dans mon sac j’ai pris ma tente, mon duvet, un matelas de sol gonflable de chez Coziya, un oreiller (oui oui, quitte à avoir la place autant en profiter pour être confortable), mon matériel photo ainsi que 4 jours de nourriture. J’ai alterné entre sandwichs et plats lyophilisés de chez Decathlon. Il a fallu que j’embarque mon réchaud Jetboil mais je n’ai pas regretté une seule fois !
👉 Pensez à prendre un petit sac poubelle pour vos déchets, que vous devrez ramener avec vous à Ísafjörður. Ça vous permettra également de garder votre tente propre 🙂
Rejoindre Ísafjörður
J’étais déjà en train de vadrouiller dans les Fjords de l’Ouest, donc rejoindre Ísafjörður n’a pas été très long. Depuis Reykjavik il faut compter 6h de route en moyenne, sans compter les stops photos. Ísafjörður est un joli village coloré, avec un supermarché et une station-service. En attendant le départ, j’en ai profité pour faire quelques dernières courses et dormir au camping de Sudavík (que je recommande vivement). J’ai eu un beau coucher de soleil la veille du départ, donc j’étais assez excitée de voir que la météo était de mon côté. En tout cas c’est ce que les prévisions annonçaient !

Traversée en ferry vers Hornstrandir
Le ferry part à 9h d’Ísafjörður, et il faut être au port 30 minutes avant de partir. Le bateau n’est vraiment pas grand et peut accueillir environ une trentaine de passagers. Il est à moitié rempli, la ranger nous accompagne ainsi que des provisions matérielles et alimentaires. Dès que le bateau lève l’ancre, les fjords se resserrent avant de s’ouvrir sur l’océan. La météo ce matin-là est ensoleillée, et on voit des baleines au loin (très loin, impossible de prendre des photos).
Il nous faut 3h pour faire la traversée jusqu’à Hornvík. On longe les côtes de Hornstrandir sur notre droite, et l’océan s’étale à perte de vue sur notre gauche. À mesure que le temps passe, on sent qu’on s’éloigne vraiment de la civilisation et qu’on se coupe du reste de l’Islande. On perd complètement le réseau une fois arrivés en haute mer. On perd également la belle météo, et les vagues atteignent des creux de plusieurs mètres. Des gens vomissent à cause du mal de mer. Je somnole jusqu’à ce qu’on arrive dans la baie de Hornvík, où le bateau dépose quelques randonneurs près d’une maison avant de continuer vers le camping. Les falaises sont immenses, les nuages enveloppent les montagnes et on se sent tout petit à côté.
Arrivée à Hornvík : première rencontre avec les renards polaires de Hornstrandir
Le débarquement en zodiac à Hornvík
On arrive à midi, et le débarquement à Hornvík donne immédiatement le ton. Pour accéder à la plage, on prend un petit zodiac chargé à craquer. Tout le monde autour de moi vient visiblement soit pour randonner, soit pour photographier la vie sauvage. Beaucoup ont de très gros objectifs, entre 400 et 600mm, et en plus de me sentir intimidée je commence à paniquer. Je n’ai « que » un 70-200mm, et je commence à avoir peur d’être trop courte pour capturer les renards. Je remets ces interrogations pour plus tard, car s’il faut je ne verrai aucun renard.
La baie est incroyablement belle et silencieuse. C’est étrange comme on se rend vite compte à quel point c’est isolé de tout. Le mot « sauvage » prend tout son sens et je ne le réalise qu’une fois arrivée. Il n’y a pas de réseau, mais aussi aucun bruit de voiture ou d’interactions humaines. Tout le monde est relativement silencieux et parle calmement, que ce soit sur la plage ou au camping. Je récupère mes sacs et je rejoins le camping qui est à quelques mètres de la plage.

Le camping de Hornvík
Le camping est incroyablement beau, peut-être le plus beau où je suis jamais restée. Je choisis un emplacement relativement central, car ceux près des rochers et donc abrités du vent sont déjà pris. J’ai regardé la météo avant de partir, il devrait faire beau ces trois prochains jours. Pour le moment, les nuages lèchent toujours les sommets.
L’installation de la tente prend quelques secondes, comme Quechua le plébiscite. J’installe mon matelas, mon duvet, mon oreiller et mes sacs, alors que la ranger fait un tour des nouveaux arrivants. Elle m’approche et m’explique qu’il faut à tout prix sécuriser sa nourriture car les renards polaires ont malheureusement compris que l’activité humaine égalait de la nourriture facile à voler. C’est d’une tristesse sans nom de se dire que malgré l’isolement de la baie et le « peu » de fréquentation, les renards ont développé un attrait pour les sandwichs et les plats lyophilisés.




Mes premiers renards polaires à Hornstrandir, en plein camping
Malheureusement à ce moment là je commence à me sentir mal, car c’est mon premier jour de règles (évidemment ça ne pouvait pas être avant ou après ces trois jours). Je m’allonge dans ma tente et subis en silence pendant plusieurs heures la douleur. Il se met à pleuvoir de toute manière, donc j’en profite pour me reposer. Je me réveille vers 19h, sors de ma tente, tourne la tête pour chercher une table pour installer mon dîner et là… mon premier renard 🥹

Il se dépêche de rôder autour de la table de pique-nique et de se glisser sous les tentes pour chercher des restes. Ce qui m’avait frappée dans tout ce que j’avais lu, c’est que les renards polaires viennent très très près du camp à Hornstrandir, mais je pensais pas que ça serait AUSSI près. Ils n’en ont clairement rien à faire qu’on soit là, et c’est magnifique à vivre. L’idée qu’ils soient aussi peu farouches et se sentent en sécurité pour s’approcher autant de l’homme, c’est vraiment un moment incroyable.
J’essaye de manger, mais les renards courent dans le camp, autour des tables, des tentes, des toilettes. Ne laissez jamais votre appareil dans votre tente, vous allez le regretter. Évidemment, je passe en mode silencieux sur mon boîtier et je les mitraille, car j’ai vraiment envie d’immortaliser le moment.
Le ciel se couvre à nouveau et la lumière baisse tellement qu’il est impossible de continuer à faire des photos. Je retourne dans ma tente, où j’écris ces quelques lignes dans mes notes pour ne rien oublier. Ces quelques heures ont déjà été magiques et j’ai hâte de demain.



Jour 2 : à la rencontre des renards polaires de Hornstrandir
La journée commence tôt, avec un ciel couvert. J’aurais aimé faire la randonnée de Hornbjarg, mais quitte à marcher plusieurs heures, autant ne pas être dans le brouillard. Je me dirige vers la plage et croise Julia et Tim, un couple de photographes et vidéastes allemand en train de réaliser un documentaire animalier pour Sony Allemagne. Ils sont là depuis cinq jours et partent aujourd’hui.
Les conseils de Julia et Tim pour observer les renards polaires
Ils me donnent un millier de conseils pour photographier les renards polaires à Hornstrandir :
- La marée basse est le meilleur moment pour les voir sur la plage, car les renards y chassent les oiseaux et poissons.
- Les petits jouent et mangent souvent près de l’abri d’urgence dans les rochers.
- Si je vois une carcasse sur la plage, il me suffit de me positionner à une dizaine de mètres et d’attendre.
- Des renards ont été vus près du lac sur la corne de Hornvik (donc la rando).
- Les renardeaux jouent souvent dans les morceaux de bois flottés au milieu du camping.
Je le sais bien, la patience est la clé en photographie animalière. De toute manière, je n’ai que ça à faire aujourd’hui, attendre. Julia me raconte qu’apparemment un phoque rejette sur la plage les carcasses de poissons (les têtes surtout), donc ma priorité est de chercher les carcasses.
Au final, nous nous séparons sur la plage, et je n’ai pas à attendre longtemps. Les petits commencent à émerger des rochers sur la plage et à manger des proies ramassées les jours précédents par leur mère. Je compte trois petits, qui jouent, mangent et dorment dans les cailloux. Je suis seule avec eux et c’est un moment magique dont j’ai encore du mal à me remettre.



La randonnée vers Hornbjarg dans le brouillard
L’appel de l’estomac commence à se faire sentir alors que le soleil se découvre. Je décide de partir faire la randonnée, car il parait qu’elle est sublime. Il faut traverser la rivière (qui est en fait un bras de mer qui se jette dans une rivière, ou l’inverse), dont le niveau varie au gré des marées. La marée est basse vers 12h30, donc je m’attelle à faire la première portion pour passer au plus bas. Au final, l’eau m’arrive aux genoux. Je ne sais plus où j’ai mis mes tongs (aujourd’hui je sais, elles étaient en fait dans mon sac…), donc je passe pieds nus dans le sable. Il fait beau donc ce n’est pas désagréable.
Le sentier suit la côte, avant de monter abruptement dans la montagne. C’est ici que le temps se gâte et que je ne vois plus rien. Le brouillard est complet donc je décide de redescendre et de retourner vers le camp.

J’ai fait presque 6,5km, soit la moitié de la randonnée, mais c’est plus raisonnable de retourner au camping. Si la météo n’est pas avec moi, autant retourner voir les renards polaires et revenir une prochaine fois à Hornstrandir pour faire le sentier. Au final, une fois sur la plage, je me retourne vers la montagne et voit que la météo s’est plus que nettement améliorée. J’ai les boules, mais c’est le jeu. Comme pour me réconforter, je passe les hautes herbes qui séparent la plage du camp et tombe sur les renardeaux en train de jouer.



Un dîner interrompu par la mère renard
Le Jetboil chauffe en quelques secondes mes pâtes lyophilisées. Encore un repas de roi, mais dans l’un des plus beaux endroits que j’ai vu de ma vie. Peu de confort mais l’ambiance compense largement. Je suis rejointe au dîner par deux italiens, Francesca et Dario, qui ont leur tente à côté de la mienne. Je les vois lever leurs appareils photos d’un coup : la mère des renards vient de débarquer sur le camp juste dans mon dos. Nous abandonnons nos repas pour la photographier, elle est magnifique. L’un des petits part avec elle vers la maison de Hornvík. Je rentre dans ma tente et regarde mes photos de la matinée. Je fonds encore et encore devant les renardeaux qui jouent ensemble et j’ai du mal à croire que j’ai vraiment vécu ça.

Jour 3 : scènes de chasse des renards polaires et départ
Un renardeau et son festin à l’aube
C’est déjà le jour du retour. Le ferry est prévu à 16h, donc j’ai encore un peu de temps devant moi pour profiter de Hornstrandir. Je me suis levée aux aurores pour essayer d’apercevoir les renards en train de chasser sur la plage à marée basse. Je reste bredouille plusieurs heures, j’arpente la plage, je cherche des carcasses, mais rien ne se passe. Au moment où je rentre sur le camp pour manger un petit-déjeuner, j’entends les herbes se froisser à côté de moi. Oh mon dieu, il y a un renardeau juste ici, posé sur un tronc, qui dévore un oiseau moitié gros comme lui. Je m’accroupis et capture ce que je considère comme deux de mes plus belles photos de cette année 2026.


Les italiens me rejoignent et prennent des nouvelles de la « chasse » de ce matin. Nous décidons d’aller arpenter la plage ensemble, peut-être qu’à plusieurs nous aurons plus de chance ?
Scènes de chasse sur la plage à marée basse
Ça paye une bonne heure plus tard, car la mère arrive sur la plage avec un oiseau dans sa gueule. Nous sommes positionnés près d’une carcasse d’oiseau très sableuse, mais elle semble plus intéressée par un oisillon vivant. Elle se jette dessus et le noie visiblement. Après de longues minutes à observer l’eau, elle repart sans sa proie, mais récupère sa carcasse. Un petit vient la rejoindre. Au même moment, de l’autre côté de la plage, surgit le père de la famille. Il est aussi beau que la mère et vient lui aussi pour chasser. Nous passons ainsi plusieurs heures sur la plage à observer des scènes de chasse dont je n’aurais même pas osé rêver, jusqu’à voir le ferry au loin.





Quitter les renards polaires de Hornstrandir (le départ)
Il est l’heure de partir, et c’est le coeur bien lourd et la carte SD remplie que je repars. Je n’en ai aucune envie (même si la douche commence à me manquer), mais il faut, car la nourriture est terminée et que le reste de mon voyage m’attend. Remonter dans le bateau après ces trois jours coupée du monde est un sentiment très particulier. Je regarde la baie de Hornvík s’éloigner tout en pensant que les renards polaires, eux, sont probablement déjà retournés à leur vie paisible à Hornstrandir.
Le retour se déroule mieux que l’aller. La houle est légèrement moins puissante, mais ça ne m’empêche pas de somnoler tout le trajet. Lorsque le ferry arrive enfin à Ísafjörður, je n’ai qu’une idée en tête, c’est de me doucher et de dormir. Je file au camping de Sudavík, où je suis restée avant de partir. C’est comme ça que se terminent ces trois jours d’expédition à Hornstrandir, sur une note douce et des souvenirs magiques !

Conclusion de ces 3 jours avec les renards
Hornstrandir m’a donné quelques-unes des photos dont je suis vraiment très fière, surtout que la photo animalière n’est pas mon coeur de métier, mais principalement des souvenirs incroyables. Si vous aimez vraiment partir à l’aventure, vous serez à votre place là-bas. J’espère que cet article vous aura donné envie d’y aller, et si c’est le cas et que vous souhaitez planifier votre voyage, je vous conseille de lire mon article pour préparer votre expédition à Hornstrandir.
Bons voyages en Islande,
Marie
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