6 conseils pour améliorer vos photos de macareux moines

Photographier des macareux, c’est assez simple. Faire de belles photos de macareux, c’est une autre paire de manches ! Il y a une vraie différence entre rentrer avec 21496 photos d’oiseaux flous en contre-jour et rentrer avec 10 images qui donnent envie de tout lâcher pour repartir en Islande. Sur plusieurs sessions, j’ai fait les deux. Voici les 6 conseils qui ont vraiment changé la qualité de mes photos depuis que je photographie ces petits pingouins de poche.

Si vous n’avez pas encore lu mon article sur comment photographier des macareux, commencez par là. Il couvre les meilleurs lieux, les réglages de base et les pratiques éthiques essentielles. Cet article va plus loin sur la technique pure.

Macareux moine photographié à hauteur de l'œil depuis le sol en Islande, fond de ciel et mer en arrière-plan

Quand aller photographier les macareux en Islande ?

Les macareux sont généralement présents en Islande de mi-avril à mi-août. En dehors de cette période, ils vivent en mer et sont pratiquement impossibles à observer. La meilleure période pour la photographie se situe entre juin et juillet. C’est à ce moment-là que les adultes nourrissent leurs petits. Ils font alors des allers-retours constants entre la mer et leur terrier, souvent avec le bec rempli de poissons. C’est le timing idéal pour capturer des scènes de vie incroyables.

☀️ Un point souvent sous-estimé concerne la météo. Par beau temps, les macareux passent une grande partie de la journée en mer. En revanche, lorsque le ciel est couvert, ils restent davantage à terre. Ce sont souvent ces journées un peu grises qui offrent les meilleures opportunités photo. Par contre, si les conditions sont plus rudes (type tempête, pluie torrentielle ou orage), ils resteront dans leur terrier. Donc ça ne sert quasiment à rien d’essayer de les photographier et de se tremper ! Je suis allée à Vestmannaeyjar lors d’une tempête, je n’ai vu que 2-3 macareux alors que c’est l’un des spots où en temps normal on les voit par centaines.

Concernant les horaires, privilégiez tôt le matin ou la fin de journée. La lumière est plus douce, il y a moins de monde, et les oiseaux sont plus actifs, notamment pour nourrir les petits. Vous les verrez voler depuis le terrier et revenir.

👉 Si vous prévoyez de les photographier à Dyrhólaey : le site est fermé entre le 1er mai et le 25 juin de 19h à 9h pour protéger la nidification. Les rangers vous mettront dehors, mais c’est normal, il faut que les macareux puissent se reproduire en toute tranquillité.

Groupe de macareux photographié au coucher de soleil en Islande sur l'île de Grimsey

1. Mettez vous à leur niveau

C’est le conseil numéro un en photographie animalière, mais aussi le plus physiquement inconfortable (je vous rappelle qu’ils font 30cm max !). La différence entre une photo prise debout et une photo prise allongé sur le sol est impressionnante. En vous mettant à hauteur du macareux (c’est-à-dire allongés dans l’herbe, dans la boue, au bord de la falaise, etc), vous obtiendrez une connexion visuelle directe avec l’animal et très souvent un fond uni. Le fond permet de bien le détacher ou de créer des photos en silhouette.

👉 Lorsque vous êtes à leur hauteur, l’arrière-plan devient le ciel, la mer, ou le panorama derrière eux, ce qui isole bien le sujet. C’est souvent la différence entre une photo « correcte » et une photo qu’on regarde deux fois.

Macareux moine sur une falaise photographié au coucher du soleil

2. Misez sur la qualité, pas sur la quantité

La tentation en photo animalière est de mitrailler en rafale. Je le sais parce que je plaide coupable régulièrement ! Je me dis toujours que je trierai après et puis je me retrouve avec 4500 photos de macareux, par paquet de 30 identiques, que j’ai du mal à supprimer après coup parce qu’ils sont « trop mignons ». En soi c’est une approche qui marche, mais je pense qui ne permet pas vraiment de progresser.

👉 Essayez de mitrailler moins, mais mitrailler mieux. Ça ne sert à rien d’avoir 129 fois la même photo d’un oiseau immobile « au cas où », à part vous fatiguer devant votre ordinateur. Évidemment, pour des photos en vol, le conseil ne s’applique pas…

3. Cherchez le moment, pas juste le sujet

Un macareux posé qui regarde dans le vide, c’est joli (celui qui dit le contraire aura affaire à moi). Un macareux qui revient avec le bec plein de lançons, qui se dispute avec un voisin, qui fait des bisous à sa compagne, qui fait caca sur un terrier voisin, qui bâille ou qui toilette son partenaire, là c’est une histoire cool avec du contexte.

👉 La clé est d’anticipation. Posez l’appareil quelques minutes en arrivant et regardez les comportements des macareux avant de déclencher. Vous verrez vite qu’ils ont des routines : ils reviennent toujours au même terrier par la même trajectoire, ils ont des interactions répétées avec les mêmes voisins. Une fois que vous avez identifié un point d’activité, installez-vous et attendez LE moment. En effet, les 20-30 premières minutes sont souvent les moins intéressantes, ils vous ont remarqué donc ils vous regardent, et c’est après, quand l’oiseau vous a « oublié », que les vraies scènes commencent.

4. Variez votre distance focale selon le contexte

Beaucoup de photographes arrivent avec un seul objectif, souvent un téléobjectif, et font tous leurs portraits serrés. Les portraits sont vraiment très beaux, mais c’est une seule lecture de l’animal. Sans doute un avantage d’être d’abord photographe de paysages avant de faire l’animalier, c’est que j’ai toujours plusieurs focales dans mon sac. Donc pensez à alterner si vous avez à disposition :

  • Portraits serrés (300-500mm) : pour le regard, le bec coloré, les détails du plumage, les poissons dans le bec
  • Plans moyens (100-200mm) : pour montrer le macareux dans son environnement immédiat, l’entrée du terrier, l’herbe, les fleurs, les interactions entre eux
  • Plans larges (24-70mm) : pour contextualiser, le macareux sur sa falaise avec l’océan/la plage en fond, ou un groupe d’oiseaux en vue d’ensemble

👉 Sur des spots comme Látrabjarg ou Borgarfjörður Eystri, les macareux sont si proches qu’un grand angle peut être même plus intéressant qu’un téléobjectif. C’est un peu contre-intuitif mais le résultat peut être vraiment chouette ! Pour ceux qui se disent « perso j’ai pas tout ce matos 🙄 », rassurez-vous, je n’ai pas non plus de 300-500mm, donc j’utilise soit un téléconvertisseur x2 ou j’utilise le format DX de mon Nikon Z8. Pour ceux qui sont curieux, vous pouvez lire cet article qui explique très bien le pour et contre de chaque méthode.

5. Chassez la belle lumière… mais ne négligez pas d’autres ambiances

Ce qui fait vraiment passer une photo de macareux de « wow » à « wooooow », c’est la lumière : un macareux photographié sous la lumière douce-orange du soir (22h-2h en été en Islande) n’a rien à voir avec le même oiseau capturé à midi sous un soleil bien dur. Le bec orange ressort différemment, le plumage noir et blanc prend de la profondeur, et l’herbe verte dans laquelle ils nichent devient plus colorée.

👉 En été Islande, vous avez cet avantage extraordinaire du soleil de minuit, une lumière chaude et basse qui dure des heures. Profitez-en vraiment, installez-vous tôt, et attendez.

Mais pour autant ne négligez pas les « mauvaises » conditions. Lorsque je suis arrivée en Islande en Juin 2026, le premier endroit que j’ai visité était Borgarfjörður Eystri et il pleuvait des cordes. J’étais dégoûtée, car je m’étais imaginé avoir de belles lumières chaudes ; au final, certaines des photos que j’ai prises ce jour là (je suis restée 6h) sont parmi mes préférées.

👉 Le mauvais temps (pluie et un ciel couvert) peut apporter une vision plus poétique et différente : sous la pluie, les macareux donnent l’impression de peiner pour construire leur nid, ils sont couverts de boue, le plumage est mouillé, la pluie fait de jolies gouttes visibles autour des macareux ou en arrière-plan, ce qui apporte de la texture, de la profondeur et une atmosphère particulière. Bref ne zappez pas !

6. Traitez vos photos pour faire ressortir le bec

Le bec du macareux est son élément le plus distinctif, bien orange-rouge, et c’est aussi ce qui peut poser le plus de soucis en retouche. Ces couleurs ont tendance à se saturer dans Lightroom si vous ne faites pas attention. Et à l’inverse, les tons foncés du plumage peuvent avoir des noirs bouchés sans détails. Évidemment, pensez à shooter en RAW, vous aurez une plus grande plage dynamique et une marge de manoeuvre plus large en post-production. Quelques réglages spécifiques que j’utilise à chaque fois :

  • Netteté : je vérifie que l’œil est bien net à 100% sur l’œil en zoomant dessus
  • Mélangeur HSL : je monte légèrement la luminosité de l’orange (+5/10) pour faire « ressortir » le bec sans pousser la saturation
  • Je relève les ombres (+10/15) pour révéler les détails dans leur plumage noir
  • Général : léger contraste (+10), ajustement de la luminosité et des hautes lumières
  • J’utilise les masques pour assombrir l’arrière-plan afin de mettre plus en valeur les macareux
  • Nettoyage rapide des éléments gênants (cailloux, branches, etc)

👉 J’aime bien que mes édits restent fidèles à la réalité, donc je ne pousse pas énormément les curseurs 😉

Avec ces 6 conseils, vous devriez voir une vraie différence dès votre prochaine session. La photo animalière, c’est 60% de patience, 30% de technique et 10% de chance, et les macareux ont le bon goût d’être coopératifs quand on les approche avec respect. N’hésitez pas à m’envoyer ou me taguer sur Instagram sur vos photos de macareux, je les regarderais avec plaisir ! Bonnes sessions photo,

Marie

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