La première fois que j’ai vu un macareux en Islande, j’ai failli hurler de joie (mais on se retient pour pas déranger les oiseaux). Je suis allée spécifiquement en Islande pour les photographier après être devenue virtuellement gaga de ces oiseaux maladroits, et la première rencontre a clairement pas déçu. J’ai sautillé partout comme une enfant de 5 ans quand j’ai vu le tout premier macareux de ma vie perché sur sa falaise 😂 C’est le genre de rencontre qui marque un voyage et qui donne immédiatement envie de sortir l’appareil photo.
L’Islande est tout simplement le meilleur endroit au monde pour observer et photographier les macareux moines. Chaque été, environ 60 % de la population mondiale vient y nicher. Cela représente plusieurs millions d’oiseaux répartis sur les falaises, les îles et les fjords du pays.
Mais les photographier ne s’improvise pas. Entre le choix des spots, la lumière changeante, les réglages techniques et surtout le respect de l’animal, il y a quelques éléments clés à connaître pour revenir avec des images fortes sans perturber ces petits oiseaux fascinants. Dans cet article, je vous partage tout ce qu’il faut savoir pour photographier les macareux en Islande : les meilleurs spots, les bons réglages photo et les pratiques éthiques essentielles sur le terrain.

Le macareux moine en Islande : quelques infos utiles avant de partir
Le macareux moine, appelé lundi en islandais (pluriel lundar), est profondément ancré dans la culture du pays. On retrouve d’ailleurs ce nom dans de nombreux lieux, comme Lundey ou Látrabjarg.
Contrairement à ce que les photos peuvent laisser penser, c’est un oiseau très petit. Il mesure entre 26 et 29 cm pour environ 400 grammes. Clairement un oiseau de poche ! Cette échelle est importante à garder en tête pour anticiper votre cadrage et votre matériel. Le mot « mignon » devrait sortir à peu près 94245 fois de votre bouche en les regardant 😉
Le macareux est aussi un animal fascinant par son comportement. Il est monogame et revient chaque année au même terrier, creusé dans la terre au sommet des falaises, pour s’accoupler et avoir un seul bébé. Il choisit un unique partenaire pour la vie, et si l’un des deux meurt, le survivant ne se remet pas en couple avec un autre congénère, mais peut s’associer avec un autre couple pour les aider à élever leur petit. Contrairement à d’autres oiseaux marins, il ne niche pas dans la roche nue, mais dans l’herbe.
Côté alimentation, c’est un excellent plongeur, capable de descendre jusqu’à 60 mètres de profondeur. Et surtout, il peut transporter plusieurs poissons dans son bec en même temps, parfois jusqu’à une dizaine. C’est cette scène, avec le bec rempli de poissons, qui fait partie des images les plus recherchées en photographie animalière (mon grand rêve que j’espère bien réaliser cet été !).
Enfin, il est important de rappeler que le macareux moine est aujourd’hui classé comme espèce vulnérable par la LPO et l’UICN. Sa population est en déclin à l’échelle mondiale, y compris en Islande. Les causes principales sont liées à la raréfaction de sa nourriture, notamment les petits poissons comme les lançons, dont les stocks diminuent en raison du réchauffement des océans et de la surpêche. C’est pour cette raison que l’observation et la photographie des macareux doivent toujours se faire dans une démarche respectueuse. Chaque comportement compte, surtout pendant la période de reproduction où les oiseaux sont particulièrement vulnérables.

Quand aller photographier les macareux en Islande ?
Les macareux sont présents en Islande de mi-avril à mi-août. En dehors de cette période, ils vivent en mer et sont pratiquement impossibles à observer. La meilleure période pour la photographie se situe entre juin et juillet. C’est à ce moment-là que les adultes nourrissent leurs petits. Ils font alors des allers-retours constants entre la mer et leur terrier, souvent avec le bec rempli de poissons. C’est le timing idéal pour capturer des scènes de vie incroyables.
☀️ Un point souvent sous-estimé concerne la météo. Par beau temps, les macareux passent une grande partie de la journée en mer. En revanche, lorsque le ciel est couvert, ils restent davantage à terre. Ce sont souvent ces journées un peu grises qui offrent les meilleures opportunités photo. Si par contre les conditions sont plus rudes (type tempête, grosse pluie ou orage), ils resteront dans leur terrier (et vous aussi théoriquement 😉), donc ça ne sert quasiment à rien d’essayer de les photographier. Je suis allée aux îles Vestmann lors d’une tempête, je n’ai vu que 2-3 macareux alors que c’est l’un des spots où en temps normal on les voit par centaines.
Concernant les horaires, privilégiez tôt le matin ou la fin de journée. La lumière est plus douce, il y a moins de monde, et les oiseaux sont plus actifs, notamment pour nourrir les petits. Vous les verrez voler depuis le terrier et revenir.
👉 À noter si vous prévoyez de les photographier à Dyrhólaey : le site est fermé entre le 1er mai et le 25 juin de 19h à 9h pour protéger la nidification. Les rangers vous mettront dehors, mais c’est normal, il faut que les macareux puissent se reproduire en toute tranquillité.

Les meilleurs spots pour photographier les macareux en Islande
On trouve des macareux tout autour de l’Islande, mais certains endroits offrent des conditions particulièrement favorables, que ce soit pour l’observation ou la photographie.
Látrabjarg (Fjords de l’Ouest) : l’un de mes spots préférés
Látrabjarg est souvent considéré comme le meilleur spot pour photographier les macareux en Islande. Ces falaises impressionnantes s’étendent sur 14 kilomètres et culminent à plus de 400 mètres. L’ambiance y est brute, sauvage, très isolée de tout. En même temps il faut rouler sur la route 612, une piste de montagne cahoteuse avec des nids-de-poule, des graviers et de beaux virages. Il faut rouler lentement avec un bon 4x4et prévoir du temps, car le site est à environ 6 heures de route de Reykjavík. Les macareux, ça se mérite !
Ici, les macareux nichent directement dans l’herbe au bord des falaises. Il n’y a pas de plateforme ni de barrière. On peut littéralement se retrouver à quelques centimètres d’eux, à hauteur des yeux. C’est un endroit exceptionnel, mais qui demande une vraie vigilance. Si vous vous penchez trop au bord de la falaise, c’est une chute de 400m vers les rochers coupants et un océan qui peut être déchaîné, sans retour en arrière, qui vous attend.
👉 J’y suis allée pour la première fois en Juillet 2025, un vrai BONHEUR de vivre l’expérience soleil de minuit à cet endroit. C’était le tout premier arrêt de mon voyage, il faisait moitié beau-moitié mauvais, donc il y avait beaucoup de macareux. Je suis restée de 23h à 4h du matin à les observer, un vrai moment d’intimité avec eux car nous étions seulement trois sur les falaises (mes amis et moi). Mon amie JessReporter qui est photographe animalière avait des étoiles pleins les yeux ! Ils sont à quelques centimètres de la cordelette qui fait office de barrière. Le téléobjectif est presque inutile à cet endroit.



Borgarfjörður Eystri : voir les macareux dans les Fjords de l’Est
C’est apparemment le spot le plus confortable pour les photographes. À Hafnarhólmi, des plateformes en bois ont été aménagées à hauteur des oiseaux. Vous pouvez observer et photographier les macareux quasiment à distance minimale, sans effort et sans déranger la colonie.
On compte ici environ 10000 couples nicheurs, dans une ambiance beaucoup plus calme que dans les spots les plus connus. L’accès se fait depuis Egilsstaðir, en environ 1h15. La route est désormais entièrement goudronnée, mais traverse un col de montagne spectaculaire. L’accès est gratuit, mais vous pouvez faire un don ici.
👉 Je n’y suis pas encore allée, mais dès que j’arrive en Islande je fonce là bas ☺️ J’ai prévu que ça serait la première chose que je ferai en descendant du ferry, aller voir les macareux à Borgarfjörður Eystri. Je vous raconterai !

Heimaey aux Îles Vestmann : la plus grosse colonie de macareux au monde
Les îles Vestmann abritent la plus grande colonie de macareux au monde, avec entre 2 et 4 millions d’individus. Cela représente environ 20 % de la population mondiale. L’île principale, Heimaey, est accessible en ferry depuis Landeyjarhöfn en 30 minutes, ou en avion depuis Reykjavík.
Le meilleur point d’observation se situe ici. La densité d’oiseaux y est impressionnante (sur le papier), il y a même un poste d’observation des oiseaux dans lequel vous pouvez vous assoir pour les admirer. Si vous le pouvez, restez une nuit sur place en été. La lumière du soir et du matin transforme complètement l’ambiance.
👉 J’ai une revanche à prendre aux îles Vestmann cet été, car la dernière fois que j’y suis allée en 2024, j’ai eu droit à une grosse tempête qui m’a empêchée de profiter non seulement des macareux car ils sont restés cachés, mais aussi du reste de l’île. On verra ce que ça donne cet été, mais en tout cas le spot est fabuleux pour les observer, vraiment bien aménagé !




Dyrhólaey : voir des macareux dans le sud, près de Vík
C’est le spot le plus accessible depuis Reykjavík, les falaises sont à environ 2h30 de route. À Dyrhólaey, vous trouverez une grande arche rocheuse spectaculaire avec une vue dégagée sur les plages de sable noir et les glaciers au loin. Les macareux nichent en hauteur donc c’est le spot parfait pour eux.
Comme je vous le disais plus haut, Dyrhólaey est fermé du 1er mai au 25 juin entre 19h et 9h pour permettre aux macareux de se reproduire tranquillement. Prenez bien ça en compte dans le calcul de votre itinéraire en été.
👉 La première fois que je suis allée à Dyrhólaey était fin mai, donc j’ai du m’adapter aux restrictions d’horaires. J’y suis allée à 9h du matin et il y avait PLEIN de macareux, c’était une journée assez ensoleillée. Certains sont très proches des barrières, d’autres nichent plus loin, donc prenez bien le téléobjectif. Les fois suivantes étaient au cours du mois de juillet, donc pas de restrictions d’horaires, j’ai pu y aller de nuit en espérant avoir un beau coucher de soleil, mais le ciel était assez couvert.



L’île de Grímsey : tout au nord, au-delà du cercle polaire
Grímsey est la seule île islandaise située au-delà du cercle polaire arctique. L’île compte à peine une cinquantaine d’habitants, il n’y a pas besoin de voiture pour se déplacer (l’île fait 5km de long par 2km de large) et vous traversez littéralement le cercle polaire ! Elle offre une expérience beaucoup plus isolée, vous pouvez rallier cette île soit :
- En ferry : 3 fois par semaine un bateau fait le trajet entre la ville de Dalvik et l’île de Grimsey. Le départ a lieu à 9h et la traversée dure 3 heures pour un tarif de d’environ 8800ISK aller retour (61€). Le ferry reste sur place entre 2 et 5 heures puis rentre à Dalvik. À mon sens, à moins d’être très limité par le temps, ça ne vaut pas le coup de faire 6h de trajet pour rester moins de 5h sur place. Vous pouvez réserver la traversée ici (en avance en été car le bateau n’est pas très grand).
- En avion : la compagnie Norlandair propose un vol Akureyri-Grímsey toute l’année, 5 fois par semaine en Juillet et Août et 3 fois par semaines (mercredi, vendredi et samedi) le reste de l’année. Le vol dure 30 min et reste 1h30 sur l’île. Il coûte en moyenne 260€ aller retour et vous pouvez le réserver ici.
Les macareux arrivent tôt dans la saison à Grímsey et l’absence de foule permet une observation très immersive. C’est une option idéale si vous souhaitez combiner photographie animalière et passage symbolique du cercle polaire. vous pouvez acheter un petit certificat qui dit que vous avez passé le cercle polaire directement sur place à la boutique.
👉 C’est aussi l’un des premiers endroits où j’irai cet été, pile pour le solstice d’été. Croisez les doigts pour que j’ai beau temps et que je photographie plein de macareux ! J’éditerai cet article avec mon retour d’expérience.

C’est exactement pour ça que j’ai créé ma carte interactive de l’Islande : pour vous aider à construire un itinéraire qui sort des sentiers battus, sans passer des heures à croiser des informations approximatives trouvées un peu partout. Elle contient en tout plus de 400 spots photo répartis sur toute l’île. Dans la description de chaque lieu, vous trouverez :
- des infos sur l’accès
- la meilleure lumière
- quel matériel emporter
- où se garer et le prix
- à quelle saison y aller
- liens utiles
Chaque lieu est accompagné de mes propres conseils photo et idées de compositions.
Quel matériel pour photographier les macareux ?
Photographier les macareux ne demande pas forcément un gros équipement, mais certains éléments font quand même clairement la différence :
🔍 Un téléobjectif est pour moi indispensable. Un minimum de 200mm est recommandé, mais l’idéal se situe entre 400 et 500mm. Cela dit, sur certains spots comme Borgarfjörður Eystri ou même Látrabjarg, les oiseaux sont tellement proches qu’un 100mm peut suffire pour des scènes de vie. Si vous voulez faire du portrait par contre il faudra prendre un téléobjectif !
📷 Le boîtier joue un rôle clé, surtout pour les photos en vol. Un autofocus rapide et précis est essentiel, mais la plupart des hybrides récents sont particulièrement performants sur ce type de sujet.
🔭 Un trépied peut être utile pour les longues sessions pour pouvoir reposer vos bras ou tout simplement cadrer et attendre LA scène, mais la majorité des photos se font à main levée, notamment pour suivre les macareux.
☔️ Enfin, ne négligez pas les conditions météo et donc par conséquent vos vêtements. Prévoyez des vêtements imperméables et coupe-vent, comme ce k-way de chez Alpine Nation, et surtout une protection pour votre matériel. Vous pouvez jeter un œil à tout ce que je prends dans mon sac juste ici. Le jour aux Îles Vestmann où j’ai cru que le ciel allait me tomber sur la tête j’étais bien contente d’avoir du matos tropicalisé.
Réglages photo pour les macareux
Les macareux posés au sol
Lorsque les macareux sont posés au sol, ils vont se dandiner pour se déplacer d’un point A à un point B, et c’est assez facile de les photographier :
- Travaillez en priorité ouverture ou en mode manuel, avec une valeur entre f/4 et f/8. Cela permet d’avoir le sujet net tout en gardant un peu de contexte. À f/2.8, si vous êtes trop près, le macareux ne sera pas entièrement net.
- Une vitesse d’au moins 1/500e est recommandée pour éviter les flous liés aux micro-mouvements (et ils ont font beaucoup).
- Les ISO peuvent rester modérés, entre 400 et 800 en général selon la luminosité extérieure.
C’est le moment idéal pour soigner votre composition. Les macareux sont relativement calmes au sol, vous pouvez prendre le temps d’observer et d’ajuster votre cadrage. Le mode rafale est à mon sens inutile, sauf si vous aimez trier 15 fois la même photo (ce que je faisais bien entendu au début).


Les macareux en vol
Là on entre dans le dur 😅 C’est clairement la partie la plus technique car les macareux volent vite, avec des changements de direction imprévisibles. Il faut donc adapter vos réglages.
- Passez en priorité vitesse ou en mode manuel, avec un minimum de 1/2000, et idéalement 1/3200 pour figer les ailes.
- Utilisez les ISO automatiques avec une limite haute autour de 3200 max selon votre boîtier.
- Activez l’autofocus continu avec suivi de sujet, ainsi que le mode rafale. C’est le moment de mitrailler !
👉 Une astuce importante consiste à anticiper. Les macareux suivent souvent les mêmes trajectoires lorsqu’ils reviennent vers leur terrier. En vous positionnant correctement, vous augmentez fortement vos chances de réussite. Vous allez voir ils battent des ailes très vite, car elles sont toutes petites.

Mes conseils photo terrain
Sur le terrain, la technique ne fait pas tout. Ce sont souvent les petits détails qui font la différence, et surtout votre manière d’interagir avec l’environnement :
🧘♀️ La patience est essentielle. Installez-vous, observez, attendez (je vous recommande de le faire aussi pour la photographie de paysage d’ailleurs, prenez 5min sans l’appareil avant de commencer à mitrailler). Les macareux finissent par s’habituer à votre présence si vous restez calme et immobile. Au bout de quelques minutes, vous verrez qu’ils reprennent un comportement totalement naturel. C’est à ce moment-là que les images deviennent vraiment intéressantes.
🐟 Cherchez les scènes de nourrissage. Un macareux avec le bec rempli de poissons est une photo signature et difficile à obtenir. En juillet, les adultes font des allers-retours constants entre la mer et leur terrier, donc si vous repérez une zone active, prenez le temps de vous positionner correctement et attendez. Souvent, les meilleures photos arrivent après 20 ou 30 minutes, pas dans les premières secondes.
🐧 Essayez aussi d’anticiper, les macareux ont des habitudes : ils utilisent souvent les mêmes trajectoires pour revenir vers leur terrier. Une fois que vous avez identifié ces “couloirs”, placez-vous en conséquence et préparez votre composition à l’avance.
👁️ Variez vos compositions. Ne vous contentez pas d’un portrait serré (c’est super chouette je dis pas le contraire). Intégrez l’environnement, jouez avec les lignes des falaises, utilisez l’herbe en premier plan, testez des contre-jours ou des cadrages plus larges. C’est bien d’intégrer les éléments naturels pour donner plus de contexte à vos photos !
☀️ Utilisez le soleil de minuit à votre avantage. En été, entre 21h et minuit, la lumière devient douce et rasante : elle révèle les textures du plumage noir et blanc et fait ressortir les couleurs du bec de manière spectaculaire, l’herbe n’est plus vert vif mais plus douce, l’arrière plan peut devenir orangé, il y a moins de monde, enfin bref, l’heure dorée est vraiment une super heure pour les photographier, d’autant plus qu’ils sont plus actifs !


Pratiques éthiques : photographier les macareux sans les déranger
Photographier les macareux implique une vraie responsabilité, surtout en Islande où la pression touristique augmente chaque année. Je suis loin d’être ultra calée sur le sujet, je ne suis pas naturaliste, ni spécialiste des oiseaux, mais ça me semble être quelques règles évidentes à suivre en présence de n’importe quels animaux, que j’ai lu ou appris au fil du temps :
👣 Le point le plus important concerne les terriers. Les macareux nichent dans des tunnels creusés dans l’herbe, souvent totalement invisibles. Marcher hors des sentiers peut littéralement écraser un nid sans que vous vous en rendiez compte. C’est pour cela qu’il est essentiel de rester sur les zones autorisées, même si ça limite parfois les angles de prise de vue. N’hésitez pas à interpeller les gens qui passent par dessus les barrières, vous allez certes passer pour une Karen mais il faut protéger les animaux. Puis c’est dangereux de marcher en bord de falaise, quelle idée ??
👁️ Un autre point clé est votre présence à proximité des nids. Lorsqu’un macareux revient avec des poissons, il doit pouvoir accéder rapidement à son terrier pour nourrir son petit. Si vous êtes trop proche, il peut hésiter, tourner en rond, voire abandonner temporairement. Répétez ce comportement plusieurs fois et cela peut compromettre la survie de son bébé. Une bonne règle consiste à limiter votre présence à quelques minutes dans une zone sensible, puis à vous déplacer.
📏 La distance est également un indicateur simple. Si un oiseau s’éloigne, s’agite ou modifie son comportement à cause de vous, c’est que vous êtes déjà trop près. Dans ce cas, reculez immédiatement. Vous n’avez peut-être pas le matériel nécessaire pour faire des portraits serrés, mais il vaut mieux abandonner votre idée de photo plutôt que de potentiellement impacter la vie déjà fragile d’un oiseau menacé d’extinction.
💥 Le flash est à proscrire totalement. Je n’arrive même pas à imaginer qu’on puisse l’envisager, mais je l’ai déjà vu sur un spot. C’est important d’aller expliquer à la personne qu’il ne faut pas l’utiliser, encore une fois vous passerez sans doute pour quelqu’un d’aigri, mais peu importe. Tout le monde n’est pas sensibilisé à la conservation des espèces dans la vie.
🚁 Même chose pour les drones, qui peuvent provoquer des réactions de panique dans les colonies entières. Ne volez pas à proximité des lieux de nidifications, ça sera dans tous les cas signifié par un panneau « no-drone zone » théoriquement, mais si il n’y en a pas, ça ne veut pas dire que vous pouvez aller faire des looping avec votre FPV.
🍫 Évitez aussi toute tentative d’interaction. Ne cherchez jamais à attirer un oiseau, à le nourrir ou à provoquer une réaction pour obtenir une photo. En plus d’être néfaste, cela produit souvent des images artificielles et peu intéressantes.
👉 Enfin, gardez en tête le contexte global. Le macareux moine est une espèce en déclin et les conditions environnementales deviennent de plus en plus difficiles pour lui. En tant que photographe, vous avez un rôle à jouer : celui de témoin, mais aussi de protecteur. Une belle photo ne vaut jamais le stress ou le danger pour l’animal.

FAQ : photographier les macareux en Islande
À quelle période peut-on voir des macareux en Islande ?
Les macareux sont présents en Islande de mi-avril à mi-août. La meilleure période pour les photographier est juin-juillet, quand les adultes nourrissent activement leurs petits et sont très présents sur les falaises.
Quel objectif pour photographier les macareux en Islande ?
Sur des spots aménagés comme Borgarfjörður Eystri ou Látrabjarg, un 100-400mm est largement suffisant, les oiseaux sont parfois à moins de 2 mètres. Pour les macareux en vol, un 400-500mm et une vitesse d’obturation d’au moins 1/3000e sont recommandés.
Peut-on photographier les macareux gratuitement en Islande ?
Plusieurs sites sont gratuits ou à prix libre (Látrabjarg). Borgarfjörður Eystri (Hafnarhólmi) fonctionne sur un système de dons et Dyrhólaey a un parking payant. Les excursions en bateau depuis Reykjavík sont payantes (environ 30-40€).
Les macareux sont-ils dangereux ou agressifs ?
NOOOOOOON. Les macareux sont remarquablement peu farouches envers les humains calmes et immobiles. Ils peuvent en revanche mordre si vous essayez de les toucher, ce qui n’est de toute façon jamais une bonne idée, on ne touche pas un animal sauvage ! Ce sont les oiseaux les plus mignons de la Terre, on a envie de les mettre dans la poche pour rentrer à la maison avec, mais il ne faut surtout pas les toucher.
Peut-on voir des macareux en Islande sans voiture ?
Oui, depuis Reykjavík en prenant une excursion en bateau vers les îles Lundey ou Akurey. Pour les sites terrestres comme Látrabjarg ou Borgarfjörður Eystri, une voiture (ou une excursion organisée) est indispensable.
Peut-on manger du macareux ?
Sur le papier oui, mais il vaut mieux éviter. Le macareux est une espèce vulnérable dont les populations déclinent, et sa consommation est aujourd’hui surtout liée au tourisme. La grande majorité des Islandais n’en mangent pas, donc pourquoi vous ? Continuer à en consommer, même ponctuellement, contribue à maintenir une demande qui n’a plus vraiment de justification aujourd’hui. Si vous venez pour les observer ou les photographier, la logique veut qu’on les respecte, pas qu’on les mette dans son assiette.
N’hésitez pas à m’envoyer ou me taguer sur Instagram sur vos photos de macareux, je les regarderais avec plaisir ! Bonne exploration 🐧
Marie


