Si vous avez cliqué sur cet article c’est sans doute que vous aller partir en Islande cet été. Vous savez que le pays est populaire, mais vous avez peur de vous retrouver avec tout le monde aux même endroits. Donc est ce qu’on peut éviter les bains de foules là bas ? Réponse courte : oui. Réponse longue : oui, mais pas partout, pas forcément facilement, et avec quelques ajustements à faire sur vos attentes et votre itinéraire.
L’Islande reçoit aujourd’hui plus de 2,3 millions de visiteurs par an pour seulement 370000 habitants. C’est à peu près 6 touristes pour 1 habitant. Et la majorité de ces visiteurs débarquent entre juin et août, en même temps que vous et moi, avec la même liste de spots à cocher. Seljalandsfoss, Skógafoss, Jökulsárlón, Blue Lagoon, Geysir… Si vous planifiez un road trip estival en Islande en suivant les recommandations des blogs mainstream, vous allez passer une partie de vos vacances à faire la queue sur des parkings bondés et à attendre que quelqu’un s’enlève de votre cadre.
Mais l’Islande, ça reste l’Islande. L’île a l’immense avantage d’être grande, diverse et encore très peu visitée dans ses régions les moins touristiques. Avec une bonne organisation, il est tout à fait possible de vivre des moments de solitude absolue en pleine nature islandaise, même en plein mois de juillet. J’ai déjà recensé tous les spots hors des sentiers battus sur ma Carte Photo Islande, mais je vous explique comment faire également dans cet article.

La réalité du tourisme en Islande en été
Avant de vous donner des astuces, il faut qu’on soit honnêtes sur ce que « éviter la foule » veut dire en Islande en été, parce que les attentes ont leur importance.
Certains sites sont simplement inévitables si vous faites votre premier voyage. Seljalandsfoss sera bondée. Skógafoss aussi. Diamond Beach aura du monde de 8h du matin à minuit (oui, même à minuit, parce que le soleil de minuit attire tous les photographes en même temps). Le Cercle d’Or ? Vous serez loin d’être seuls. Ce n’est pas forcément un problème en soi, ces endroits sont connus et fréquentés pour de bonnes raisons, mais il faut l’anticiper et ne pas se faire trop d’illusions.
En revanche, la zone la moins fréquentée du pays est celle des Fjords de l’Ouest, visitée par moins de 15 % des touristes, alors que 95 % passent par Reykjavík et sa banlieue. En gros il y a une Islande à deux vitesses, et la bonne nouvelle c’est que la deuxième vitesse est souvent la plus belle.
👉 Je vais être honnête aussi sur un point : je n’ai AUCUNE photo avec du monde pour illustrer cet article car je fuis les foules. J’ai très rarement croisé du monde en Islande sur mes voyages, que ça soit en été ou en hiver, sur les lieux touristiques ou plus cachés, tout simplement car j’ai choisi les bons horaires et ai refusé de m’arrêter pour voir un lieu si je voyais qu’il y avait trop de monde à mon goût (c’est-à-dire plus de 10 personnes). J’ai développé avec le temps une anxiété de me retrouver dans des endroits bondés, et ça me sert aujourd’hui à voir des lieux incroyables sans touristes autour de moi.

Astuces pour éviter la foule en Islande en été
Décalez vos horaires (vraiment)
C’est le conseil le plus simple et le plus efficace, et pourtant le moins appliqué. En été, le soleil ne se couche pratiquement pas. Profitez-en ! Les sites les plus visités se vident considérablement après 21h et avant 8h du matin. Donc si vous visitez sur cette tranche horaire, vous aurez moins de monde !
👉 Un lieu très connu et fréquenté : j’ai photographié Skógafoss à 2h du matin avec PERSONNE autour de moi début Juillet. C’est littéralement l’une des cascades les plus connues AU MONDE. À 10h du matin quand j’ai émergé de ma « nuit », j’ai croisé des dizaines de voitures sur le parking, plein de monde au pied de la cascade ou même en train de monter le sentier pour aller à la plateforme du haut.
👉 Un lieu beaucoup moins connu et fréquenté : j’ai visité Maelifell entre 22h et 3h du matin mi-Juillet via la F232 et j’ai croisé trois voitures (qui partaient). Je suis restée seule le reste du temps et l’unique moment où j’ai recroisé du monde est à l’intersection de la F210 et F233 (une voiture qui hésitait à traverser).
La lumière du soleil de minuit est aussi objectivement plus belle, plus dorée, plus douce. C’est l’heure magique qui dure des heures en Islande, et la plupart des gens la ratent parce qu’ils sont rentrés dormir. En soi c’est un peu leur problème, mais croyez moi si vous suivez ne serait-ce que ce conseil vous allez démultiplier vos chances d’être solo sur chaque lieu 😊 Avoir des lieux aussi beaux pour soi c’est une chance, mais ça demande aussi de s’adapter à des horaires peu conventionnels le temps d’un voyage.


Fuyez les spots du Cercle d’Or (ou adaptez-vous)
Le Cercle d’Or (Þingvellir, Geysir, Gullfoss) est l’itinéraire le plus emprunté d’Islande car le plus proche de Reykjavik, et du coup aussi le plus saturé. Ce n’est pas qu’il ne vaut pas le coup (la zone vaut clairement la peine) mais si vous pouvez vous en passer ou le remplacer par des alternatives moins connues, vous gagnerez énormément en tranquillité. Quelques alternatives moins fréquentées dans le même secteur :
- Kerlingarfjöll : des montagnes géothermiques dans les Hautes Terres avec des couleurs de rhyolite et des sources chaudes. En 4×4 uniquement, ce qui décourage naturellement les foules. La route est « longue » (environ 3h) et « pénible » (en gravier), alors que pourtant le site est un vrai claquage de la rétine.
- Háifoss : la deuxième plus haute cascade d’Islande (122 mètres), accessible par la piste 332, et infiniment moins visitée que Gullfoss qui est juste à côté, pour un résultat au moins aussi impressionnant. Il vous faudra un 4×4 mais l’expérience vaut le coup !
👉 Vous souhaitez voir des spots accessibles sans 4×4 dans cette zone ? J’en ai recensé plus d’une trentaine sur ma Carte Photo Islande.


Partez vers les Fjords de l’Ouest
C’est ma recommandation numéro un pour tous ceux qui reviennent en Islande ou qui veulent une expérience différente dès leur premier voyage. Les Fjords de l’Ouest sont la région la plus sauvage, la plus isolée et la plus peu fréquentée du pays. Il y a plus de gens qui montent dans les Hautes-Terres pendant les trois mois où elles sont accessibles que de visiteurs dans les Fjords de l’Ouest. Pour donner une idée de l’échelle, il y a 7000 habitants sur près de 22000 km², donc il y a sans doute plus de moutons que de gens là bas.
Les paysages y sont à couper le souffle. La cascade de Dynjandi, en forme de voile de mariée sur 100 mètres de hauteur, serait une attraction majeure si elle était sur la Route 1. Là elle se visite parfois presque seule, allez, avec 2 ou 3 autres voitures sur le parking. Les falaises de Látrabjarg avec les macareux, la plage rouge de Rauðasandur, les sources chaudes de Pollurinn, la péninsule d’Hornstrandir accessible uniquement en ferry et sans aucune route… les Fjords de l’Ouest ont tout pour plaire, avec l’avantage de décourager les voyageurs pressés (les routes y sont parfois longues et sinueuses, c’est LOIN du circuit classique et ça, c’est notre meilleur allié 😏).


Explorez les Fjords de l’Est
Les Fjords de l’Est de l’Islande sont moins fréquentés que certains spots du reste du pays. Pour être 100% honnête c’est aussi la région que j’ai le moins exploré (mais je compte bien remédier à ça car il y a des lieux magnifiques). C’est une région que beaucoup sautent parce qu’elle est « loin de tout », ce qui est exactement la raison pour laquelle il faut y aller. La route côtière entre les fjords est spectaculaire, les petits villages de pêcheurs ont un charme authentique qu’on ne trouve plus sur la côte sud, et des spots comme Seyðisfjörður (le village coloré qui a servi de décor au film La vie rêvée de Walter Mitty) méritent largement le détour.
👉 Borgarfjörður Eystri est aussi l’un des meilleurs spots de macareux d’Islande, avec ses plateformes d’observation aménagées à hauteur des oiseaux. Et là encore il n’y a pas vraiment foule de gens !




Découvrez dans les Hautes Terres
Les Hautes-Terres (les fameux Highlands) sont accessibles uniquement en été, généralement de mi-Juin à fin Septembre et uniquement en 4×4. Ces deux contraintes suffisent à éloigner une grande partie des touristes qui louent des citadines ou qui ont un stress de conduire sur les pistes F et de devoir traverser les gués. En soi c’est une aubaine pour les voyageurs un peu plus aventuriers ☺️
Je ne vais pas vous faire croire que vous ne croiserez personne dans les Hautes-Terres, c’est peu probable, MAIS c’est tout à fait possible. Dans tous les cas les paysages sont tellement hallucinants que vous ferez abstraction des quelques rares voitures que vous verrez sur les pistes. Les routes en elle-même sont un spectacle fascinant, et vous aurez à coup sûr envie de revenir dans le centre de l’île.
👉 Les Hautes Terres ont de quoi vous occuper des jours entiers loin de toute foule, c’est le voyage que j’ai effectué en Juillet 2025, 12 jours dans les Highlands. Je rêve encore et toujours d’y revenir malgré avoir visité la plupart des lieux ! Le fait d’être seule dans ce genre d’endroits est une sensation magique.



Évitez la côte sud en haute saison (ou partez très tôt)
La côte sud est la zone la plus visitée d’Islande après Reykjavík. Entre Seljalandsfoss, Skógafoss, Reynisfjara, Diamond Beach ou Jökulsárlón, c’est une succession de sites iconiques, et ça se ressent sur les parkings en plein été.
👉 Si vous ne pouvez pas les éviter (et je comprends, ils sont splendides), la règle d’or reste la même : arrivez avant 9h ou après 20h, la différence sera énorme.
Partez entre fin Août et début Septembre
Techniquement, c’est encore l’été ! Les routes des Hautes-Terres sont toujours ouvertes, la lumière est déjà dorée à des heures raisonnables, et surtout, les familles avec enfants sont rentrées à l’école. J’ai noté que la fréquentation chute de façon notable après le 20 Août, et les prix aussi. Si votre emploi du temps le permet, c’est clairement la fenêtre idéale.
👉 Si vous ne pouvez pas partir à cette période, sachez que début Juin à mi-Juin offre les mêmes avantages, avec la certitude de voir des macareux et des lupins en plus de tout le reste. Les prix sont un peu plus élevés, mais ça en vaut la peine.



Utilisez les outils de fréquentation en temps réel
Visit Iceland propose un tableau de bord de fréquentation des sites naturels avec des capteurs infrarouges sur certains lieux emblématiques. L’outil est encore imparfait, il n’y a pas tous les lieux et il n’est pas facile à utiliser, mais il peut vous donner une idée des pics de fréquentation et vous aider à ajuster vos horaires.
Le site web road.is pour les conditions de route est aussi indispensable, certaines routes se ferment sans prévenir et détournent des flux entiers de gens vers les mêmes alternatives. C’est assez rare en été d’avoir des routes fermées, mais ça peut arriver suite par exemple à une inondation dans une zone précise, comme c’est arrivé en 2025. Du coup si une zone se retrouve soudainement fermée, les flux de gens sont redirigés vers un autre secteur, donc essayez de l’éviter ☺️

Les spots qu’on peut difficilement fuir (et comment les visiter quand même)
Il y a des incontournables que vous allez vouloir voir, foule ou pas. Et c’est tout à fait légitime, les spots touristiques le sont pour une bonne raison ! Même si j’y suis déjà allée plusieurs fois, je continue à retourner sur ces lieux parce qu’ils sont incroyablement beaux (certains font partie de mes préférés). Voici comment les visiter le mieux possible en été sans trop de monde :
🏞️ Skógafoss : la cascade se visite idéalement tôt le matin ou en soirée, l’heure dorée met bien la cascade en valeur. En été, profitez du soleil de minuit pour l’avoir pour vous tout seul et vous éviterez les groupes en bus qui débarquent en milieu de journée.
🧊 Jökulsárlón et Diamond Beach : arrivez un peu avant le lever du soleil. Le parking est souvent plein dès 10h en Juillet. À 3/4h du matin c’est presque vide et la lumière est parfaite pour la photo. Profitez-en aussi pour aller au glacier Fjallsárlón, moins connu et tout aussi beau.
🏔️ Stokksnes : ce spot mythique avec Vestrahorn en toile de fond est payant (1000ISK pour accéder à la plage via le café Viking), ce qui régule déjà naturellement un peu la fréquentation. Peu importe le temps, cet endroit est beau : en fin de journée pour la lumière dorée sur la montagne, par temps de tempête pour une ambiance dramatique… Évitez absolument la mi-journée : le parking est plein et la marée descend, ce qui fait disparaître le miroir d’eau.
♨️ Blue Lagoon : (je préfère vous le dire, je n’y suis jamais allée, donc je relate seulement les échos de mes copains qui en ont profité). Réservez obligatoirement en ligne, plusieurs semaines à l’avance en été. Les prix ont considérablement augmenté ces dernières années (comptez 80 à 120€ minimum). Si le budget est un frein, les piscines publiques géothermiques d’Islande offrent une expérience tout aussi authentique pour quelques euros, j’en parle en détail dans mon article sur les sources chaudes d’Islande qui paraîtra bientôt.
💦 Geysir : le geyser Strokkur crache toutes les 5 à 10 minutes. Faites l’aller-retour rapidement en début de matinée, prenez votre photo et repartez, pas besoin d’y passer deux heures. Le site autour est agréable à parcourir mais il y a toujours beaucoup de monde, quelle que soit l’heure.
⛰️ Kirkjufell : la montagne la plus photographiée d’Islande (et pour cause, elle est super belle) est sur la péninsule de Snæfellsnes, à environ 2h30 de Reykjavík. La bonne nouvelle : les visiteurs se concentrent surtout sur la vue classique depuis Kirkjufellsfoss, la petite cascade en premier plan (tous bien alignés en rang d’oignon avec le trépied). Si vous êtes prêt à marcher un peu et à explorer les angles moins évidents autour de la montagne, vous trouverez facilement des compositions originales sans trop de monde. Là encore, le soir et le matin sont vos meilleurs alliés. J’y étais à 2h du matin en Juillet, avec seulement 5 trépieds autour de moi, ce qui est un miracle à ce spot.




Ce qu’il ne faut pas espérer
Soyons honnêtes jusqu’au bout : en Juillet et Août, certains moments de solitude totale dans la nature islandaise vont demander soit beaucoup de chance, soit beaucoup d’efforts, soit un mix des deux. Les réseaux sociaux et les blogs voyage ont rendu chaque « spot caché » public en quelques années. Des endroits que je visitais presque seule il y a 4 ans voient maintenant des dizaines de voitures sur leur parking. Je sais que j’y contribue malgré moi via les réseaux sociaux, mon blog ou même mon guide Islande, mais je crois fermement qu’on peut aussi « redistribuer » le monde sur d’autres lieux tout aussi beaux et moins connus, à condition de les respecter.
Et puis, si vous cherchez vraiment les spots quasi vierges de tout touristes, il y a les Fjords de l’Ouest, Hornstrandir, les Hautes-Terres, les petites routes sans nom sur lesquelles vous allez tourner « juste pour voir » et tomber sur quelque chose d’extraordinaire que vous n’avez lu nulle part. C’est tout ce que je vous souhaite pour votre prochain voyage en Islande !

Et si vous voulez découvrir un autre visage de l’Islande avec moins de monde autour de vous, ma carte interactive contient plus de 400 spots photo répartis sur toute l’île. Dans la description de chaque spot, vous trouverez :
- des infos sur l’accès
- la meilleure lumière
- quel matériel emporter
- où se garer et le prix
- à quelle saison y aller
- liens utiles
Chaque lieu est accompagné de mes propres conseils photo et idées de compositions.
Elle permet de construire un itinéraire cohérent, sans perdre des heures à croiser des informations approximatives trouvées un peu partout.
J’espère que l’Islande vous mettra autant d’étoiles dans les yeux qu’à moi ! Bon voyage 🇮🇸
Marie


