Comment photographier les aurores boréales : le guide complet

Photographier les aurores boréales est souvent un rêve pour les amateurs de photographie de paysage et de nature. Ces voiles lumineux dansant dans le ciel offrent des scènes spectaculaires… mais aussi particulièrement difficiles à capturer. Entre le manque de lumière, le froid, les conditions météo imprévisibles et les réglages parfois compliqués, il est facile de rentrer avec des images floues, bruitées ou très éloignées de ce que l’on avait sous les yeux (j’en ai fait et j’en fait encore aujourd’hui l’expérience).

Après plusieurs hivers passés à photographier les aurores boréales en Islande, Norvège, Finlande et même la France, j’ai appris que la réussite de ses photos repose autant sur la préparation que sur la technique. Choisir le bon matériel, comprendre comment régler son appareil, et s’adapter aux conditions sur le terrain font toute la différence.

Dans ce guide complet, je vous explique comment photographier les aurores boréales pas à pas : quel équipement utiliser, quels réglages adopter, comment composer vos images et éviter les erreurs les plus courantes. Si vous cherchez à savoir quand, où et dans quelles conditions observer les aurores boréales en Islande, je détaille ces aspects dans un article dédié qui paraîtra bientôt. Pour le moment, nous allons nous concentrer sur les bases pour que vous puissiez transformer ce moment magique en images réussies et surtout fidèles aux émotions vécues sur place.

Aurores boréales roses photographiées en France au dessus d'un arbre solitaire
Aurores boréales capturées en France le 11 Mai 2024 en Lozère. 5″, f/1.8, ISO3200

Comprendre les aurores avant de les photographier

Avant de parler réglages, matériel ou composition, il est essentiel de comprendre ce que sont réellement les aurores boréales. Beaucoup de déception en les voyant viennent d’une mauvaise anticipation par rapport à ce qu’on voit sur les réseaux sociaux : on s’attend à voir des aurores flamboyantes à l’oeil nu, toute la nuit, sans avoir à patienter ou même à se déplacer. Sauf que la réalité est un peu différente 🙂

🌍 Les aurores boréales sont des phénomènes lumineux qui apparaissent principalement dans les régions proches du cercle polaire, comme l’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Groenland ou le nord du Canada. Elles sont visibles uniquement de nuit, lorsque le ciel est suffisamment sombre, généralement entre septembre et mars dans l’hémisphère nord.

🌏 Les aurores australes sont visibles dans l’hémisphère sud, dans des pays comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud ou l’Argentine. Elles sont visibles entre mars et septembre, pendant l’hiver. On va se focaliser sur les aurores boréales car je n’en ai pour l’instant jamais vu dans l’hémisphère sud.

Les aurores boréales se forment lorsque des particules chargées émises par le Soleil entrent en collision avec l’atmosphère terrestre, attirées par le champ magnétique de la Terre. En arrivant à proximité de notre planète, elles rencontrent la magnétosphère et sont guidées vers les pôles. C’est la zone qu’on appelle « ovale auroral », là où la grande majorité des aurores apparaissent.

Lorsque ces particules atteignent l’atmosphère, elles entrent en collision avec les atomes d’oxygène et d’azote. Selon l’altitude, la densité et la quantité d’énergie rencontrés, il y a différentes couleurs qui apparaissent dans le ciel :

  • Vert : ce sont les plus classiques. Elles se produisent lorsque des particules chargées entrent en collision avec des molécules d’oxygène.
  • Violet : les aurores violettes sont moins fréquentes mais restent visibles de temps à autre, surtout lors de tempêtes solaires très intenses. Cette couleur résulte d’un mélange de molécules d’hydrogène et d’hélium à différentes altitudes.
  • Rose : assez rares à voir car elles apparaissent lorsque les particules entrent en collision avec des molécules d’azote à très basse altitude.
  • Rouge foncé : c’est souvent la frange de l’aurore inférieure ou supérieure de l’aurore qui est de cette couleur. Cette couleur apparaît quand les particules chargées entrent en collision avec des atomes d’oxygène à très haute altitude.
  • Bleu : ce sont les plus rares car difficiles de les voir à l’oeil nu sur le noir du ciel. Elles se produisent en général lorsque les particules entrent en collision avec des molécules d’hydrogène et d’hélium.

Toutes les aurores ne se ressemblent pas, croyez le ou non 😌 C’est ce qui fait leur charme et leur beauté ! Elles ont une vitesse, forme et couleur différentes. Côté couleurs, on a vu ça précédemment, côté forme vous trouverez cinq types différents d’aurores :

L’arc auroral, le plus classique

C’est la forme d’aurore la plus simple que vous verrez à chaque fois au début du spectacle (allez, disons 99% du temps). Une grande bande lumineuse, tout simplement, qui va de l’est à l’ouest et qui apparait en direction du nord. En général les autres sont plutôt lentes car stables et peuvent rester visibles de plusieurs minutes à plusieurs heures. C’est une forme parfaite pour tester ses réglages ou pour soigner sa composition. Vous pourrez les revoir également après la fin d’une grosse aurore, lorsque le ciel s’est radoucit. C’est souvent signe que le show va recommencer donc préparez le boîtier 😉

Aurore en forme d'arc au dessus d'une église dans la péninsule de Snaefellsnes en Islande
Panorama d’un arc auroral photographié au dessus de Hellnakirkja en Octobre 2025. 2,5″, f/1.8, ISO6400

Les bandes, le drapé et les piliers

Je les mets un peu toutes les trois dans la même catégorie. Lorsque l’activité s’intensifie, l’arc auroral peut se transformer en soit des bandes qui ondulent côte à côté, soit un « drapé » lumineux qui rappelle un rideau de lumière, soit créer des piliers, comme des lignes de couleurs qui vont vers le ciel. En général ces trois formes bougent assez rapidement. Elles font partie des formes les plus spectaculaires à observer (je les adore), mais aussi des plus difficiles à photographier, car le mouvement est souvent rapide et imprévisible. Il y a souvent des couleurs différentes, allant du rouge au vert.

Aurore verte et rose en forme de corona, photographiée en Norvège au dessus d'une ferme

La corona, le moment le plus attendu

La corona est le moment le plus fou selon moi d’une aurore. Ça pète dans tous les sens, souvent vous ne savez plus quoi faire, votre cerveau gèle et vous ressentez un mélange de panique et d’excitation.
C’est la forme la plus impressionnante et la plus rare à observer 🥹 Elle se produit lorsque l’aurore se développe au dessus de votre tête, ce qui donne l’impression que les piliers convergent tous vers un point central. Visuellement c’est une vraie claque, mais il faut être prêt car c’est souvent très rapide. Il vaut mieux utiliser un grand angle et ne pas hésiter à faire une composition très large pour ne rien louper.

Corona prise en Norvège au dessus d’une ferme sur l’île d’Andøya, Octobre 2024. 1,6″, f/1.8, ISO 2500

Le voile

Le voile auroral est une forme plus diffuse, parfois subtile, où le ciel semble légèrement teinté de vert, de rose ou de violet, sans structure clairement définie. À l’œil nu, ces aurores peuvent paraître plus faibles, voire invisibles, mais l’appareil photo les révèlera bien mieux. Elles apparaissent généralement après une corona ou des aurores puissantes.

Aurore en forme de voile prise à Budakirkja en Islande en Octobre 2025. 2,5″, f/1.8, ISO 6400

Voile auroral discret visible sur une photo de nuit en Islande

Les aurores pulsatiles

Plus rares et moins connues, les aurores pulsatiles se manifestent sous forme de zones lumineuses qui apparaissent et disparaissent par pulsations. C’est très étrange à observer, j’ai même pensé que j’avais foiré mon timelapse lorsque je l’ai regardé sur place, mais en levant le nez vers le ciel je les ai bien vues « clignoter ». En fait les particules chargées peuvent pénétrer la magnétosphère de manière stable (flot continu et régulier, ce qui donne des aurores qui dansent) mais aussi de manière instable, qui arrivent par vagues, ce qui donne des aurores qui pulsent. Elles sont souvent visibles plus tard dans la nuit ou en fin d’activité aurorale. Elles sont plus difficiles à photographier car éphémères, mais je les trouve vraiment magnifiques à observer.

Timelapse d’aurores pulsatives prises en Islande, Octobre 2025. 2,5″, f/1.8, ISO2500


Peut-on réellement prédire les aurores ?

La réponse courte est : oui… et non. On ne peut pas prédire les aurores boréales avec certitude comme on le ferait pour une éclipse. Par contre, on arrive à estimer 2 à 3 jours à l’avance les probabilités d’observer des aurores grâce à plusieurs indicateurs solaires et géomagnétiques. On est pas Nostradamus mais on s’en sort bien ! Une fois l’activité aurorale commencée, il est possible de prédire entre 30 minutes et 1h à l’avance ce qu’il va se passer grâce à quelques outils.

Les outils de prévision s’appuient sur l’activité du Soleil, notamment les vents solaires et les éjections de masse coronale. Des sites comme la NOAA ou SpaceWeatherLive fournissent des données très fiables mais parfois un peu complexes à lire. Ces données sont utilisés par les photographes et chasseurs d’aurores du monde entier. Vous pouvez aussi vous appuyer sur différentes applications comme Hello Aurora ou My Aurora Forecast, qui fournissent des données plus simples mais pour autant fiables. Ce sont des applis et sites web que j’utilise pour chasser les aurores, vous pouvez les télécharger les yeux fermés.

Lorsque vous lisez les applications, il ne faut pas seulement regarder le KP. Le KP est l’indice qui permet de mesurer la magnitude des tempêtes géomagnétiques. L’échelle va de 0 à 9 : 0 est le plus bas et 9 le plus haut. On dit souvent basiquement que plus l’indice KP est élevé, plus on a de chances de voir des aurores. Mais ce n’est pas le seul paramètre à prendre en compte, donc si une application vous propose uniquement l’indice KP, vous pouvez déjà la désinstaller 🙂

👉 Astuce terrain : je regarde toujours les webcams en direct (via les applis ou stories sur Instagram) ce qui se passe à l’est dans le monde (Finlande, Suède, Russie). Si des aurores y sont visibles et que le ciel est dégagé, il y a de grandes chances que ça arrive aussi dans l’ouest du globe peu après.

Schéma explicatif de deux KP différents
KP 3 vs KP 9. Plus le KP est grand, plus les chances de voir des aurores le sont aussi, en théorie

Les meilleures conditions météo et solaires pour photographier les aurores

Contrairement à ce que l’on pense souvent, photographier des aurores boréales ne dépend pas d’un seul facteur. C’est une combinaison entre l’activité solaire et les conditions météo locales. Et c’est là que beaucoup se trompent par rapport au KP : KP élevé ≠ aurores garanties. Le KP est un indicateur global, utile pour donner une tendance, mais il ne suffit absolument pas à lui seul pour savoir si vous allez voir (et photographier) des aurores. Pour vraiment comprendre ce qui se passe dans le ciel, il faut regarder plusieurs paramètres ensemble. Ils peuvent sembler un peu terrifiants au début, mais une fois qu’on comprend leur logique, lire l’activité aurorale devient beaucoup plus simple (promis) :

La vitesse du vent solaire

La vitesse du vent solaire indique à quelle vitesse les particules chargées émises par le Soleil se déplacent vers la Terre. Plus le vent solaire est rapide, plus les aurores seront intenses et étendues :

  • Moins de 400 km/s : activité faible
  • Entre 400 et 500 km/s : activité modérée, bonnes chances d’aurores
  • Entre 500 et 600km/s : aurores dynamiques et lumineuses. A partir de 500km/s, c’est top !
  • Au-delà de 600 km/s : jackpot, activité aurorale très intense.
Graphiques comparant une vitesse de vent solaire moyenne et une vitesse élevée favorable aux aurores boréales
Plus la vitesse du vent solaire est élevée, plus l’interaction avec le champ magnétique terrestre est forte, augmentant les chances d’observer des aurores actives. À gauche, la vitesse du vent solaire n’est clairement pas assez forte pour avoir une belle activité aurorale ; à droite, par contre, c’est le cas.

La densité du vent solaire

La densité correspond au nombre de particules solaires qui atteignent la Terre. Plus la densité est élevé, mieux c’est ! Les aurores seront plus intenses, moins “pâles” et transparentes. Pour vous donner une idée :

  • Moins de 5 particules/cm³ : faible densité, aurores peu intenses
  • Entre 5 et 10 particules/cm³ : conditions moyennes, aurores possibles
  • Entre 10 et 20 particules/cm³ : bonne densité, les aurores peuvent être plus intenses
  • Plus de 20 particules/cm³ : forte densité, risque de tempête solaire

👉 La combinaison d’une forte densité (+10 particules/cm³) et d’une grande vitesse du vent solaire (+500 km/s) crée souvent des aurores spectaculaires.

Comparaison de la densité du vent solaire montrant une activité moyenne et une densité favorable à l’apparition des aurores boréales
Une densité élevée du vent solaire augmente la quantité de particules entrant dans la magnétosphère terrestre, ce qui favorise l’intensité et la visibilité des aurores boréales. À gauche, il y a peu de chances de voir des aurores, même faibles ; à droite, par contre, les aurores seront bien denses.

Le Bz

S’il y a un seul paramètre à retenir, c’est celui-là. Le Bz c’est l’indicateur qui détermine si le vent solaire rentre dans la magnétosphère terrestre. En gros, si les particules solaires nous atteignent ou non (et ils vaut mieux qu’elles nous atteignent pour ce qu’on veut voir) :

  • Bz positif (au dessus de 0 nT) : c’est mauvais, peu de chance pour les aurores
  • Bz proche de 0 nT : conditions neutres, aurores possibles
  • Bz négatif (en dessous de -5 nT) : très bon signe, cela favorise les aurores
  • Bz inférieur à -10 nT : conditions idéales, forte activité aurorale possible

👉 L’important est d’avoir un Bz négatif, en dessous de -5nT idéalement.

Comparaison d’un Bz positif et d’un Bz négatif montrant des conditions défavorables et favorables aux aurores boréales
Un Bz négatif permet aux particules solaires de pénétrer plus facilement dans la magnétosphère, déclenchant souvent des aurores plus intenses, même avec un KP modéré. À gauche, le Bz oscille entre « mauvais » et neutre. À droite, par contre, ce sont des conditions parfaites !

Le Bt

Le Bt c’est la puissance des interactions entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre :

  • Bt inférieur à 5 nT : faible, activité aurorale limitée
  • Bt entre 5 et 10 nT : conditions modérées, aurores possibles
  • Bt supérieur à 10 nT : forte activité, aurores intense probables
  • Bt supérieur à 20 nT : conditions exceptionnelles, aurores visibles

👉 L’important c’est d’avoir un Bt supérieur à 10nT pour avoir de belles aurores.

👉 Si le Bz chute brusquement (disons qu’il passe par exemple de +2 à -7) et que le Bt reste stable (disons par exemple qu’il reste autour de 10/15 nT) : ouvrez l’oeil, les aurores arrivent dans les minutes ou l’heure qui suit.

Graphiques illustrant une valeur Bt faible comparée à une valeur Bt élevée favorable à l’activité aurorale
Une valeur Bt élevée indique un champ magnétique interplanétaire plus fort, souvent associé à une activité aurorale plus marquée lorsqu’elle est combinée à un Bz négatif. À gauche, le Bt est assez faible, peu de chance d’avoir une belle activité ; à droite, le Bt est supérieur à 10nT et même proche de 20nT, les conditions sont idéales.

Les conditions idéales pour voir des aurores

Ok, le Bz, le Bt, la vitesse, etc… Y’a presque besoin de devenir astrophysicien pour lire et comprendre tout ça 😂 En vrai pas du tout ! Ça vient à force de regarder les graphiques au fil des nuits. Lors que vous avez une aurore qui explose au dessus de votre tête, faites une capture d’écran des données et analysez les plus tard pour comprendre ce qu’il y a eu. Ça vous permettra d’apprendre à « prédire » les nuits suivantes. Pour récapituler les conditions idéales :

  • Vitesse du vent solaire : +500 km/s
  • Densité du vent solaire : +10 particules/cm³
  • Bz négatif : en dessous de -5 nT
  • Bt élevé : au dessus de 10 nT

👉 En gros, un KP « moyen » (3-4) avec un Bz bien négatif et une belle densité peut produire des aurores magnifiques, tandis qu’un KP élevé avec un Bz positif et une densité basse peut ne rien donner du tout. C’est de l’histoire vécue puisque ça m’est arrivé au début de suivre aveuglément uniquement le KP et de râler toute la nuit qu’il y avait pas d’aurores, alors que parfois le KP était plutôt bas (KP 2) avec un Bz négatif et j’ai eu des aurores incroyables de minuit à 6h du matin. Si je m’étais fiée uniquement au KP je serais partie dormir. Conclusion, ça vaut la peine d’apprendre à lire correctement quatre petits graphiques 😌

Autre point à souligner, ça va sembler évident, mais même si la météo solaire est de votre côté, il faut penser aux conditions météo locales. Parce que même avec une activité solaire parfaite… sans ciel dégagé il n’y a pas d’observation et encore moins de photo d’aurores.

  • Nuages : il vaut mieux un ciel clair avec des aurores faibles qu’un ciel partiellement couvert avec des aurores très intenses. Les nuages sont votre ennemi n°1. Vous pouvez vous reporter aux applis météo de chaque pays pour voir la couverture nuageuse (Norvège : Yr.no, Islande : vedur.is, etc)
  • Vent : un vent modéré peut chasser les nuages (yessss) mais un vent fort complique votre soirée. Le trépied est moins stable, vous avez plus froid, les poses longues peuvent bouger. Pensez à attacher votre sac photo à votre trépied pour le lester et à mettre plus de couches de vêtements.
  • Température : on dit que par temps froid le ciel tend à être plus dégagé et que l’air est plus sec. Ce n’est pas un critère direct pour observer les aurores, mais ça reste de bonnes conditions quand même.
  • Lune : la plupart des gens vous diront que la Lune est un élément pénible pour voir des aurores. Je suis vraiment en désaccord avec ça tout simplement car la Lune va venir éclairer votre premier plan et rendre les aurores plus intenses. On en reparlera plus bas 😌

Pourquoi les aurores peuvent être difficiles à photographier

Voir des aurores boréales sur son téléphone au chaud dans son canapé est une chose. Les voir sur le terrain et les photographier correctement en est une autre. Et c’est souvent là que la déception apparaît, surtout lors d’un premier voyage dans les pays nordiques donc l’objectif est de voir des aurores boréales.

Tout d’abord, il faut comprendre que les aurores sont généralement moins lumineuses à l’œil nu que sur les photos qu’on voit sur Instagram. L’œil humain a du mal à s’adapter à l’obscurité et les aurores ressemblent souvent à des formes blanchâtres qui bougent très lentement.

👉 Le capteur de votre appareil photo lui, grâce à une pose longue, va capturer des couleurs que vous ne voyez pas. Faites toujours une photo « test » avec votre téléphone si vous avez un doute. Les aurores d’intensité faible se verront sur votre appareil photo mais peu à l’œil nu. Pas de désespoir, il est tout à fait possible de voir en vrai les belles couleurs que vous voyez sur les réseaux sociaux, mais il faut un peu de chance et une belle activité solaire pour avoir des aurores aussi intenses. C’est possible mais pas systématique.

Ensuite, il faut se mettre en tête que parfois les aurores n’apparaîtront pas forcément là où vous vous trouvez. Elles sont imprévisibles et changeantes, peuvent s’intensifier en quelques secondes, changer de forme et disparaître aussi vite qu’elles sont venues.

👉 La flexibilité est la clé. Si capturer des aurores est votre priorité n°1, il faudra surveiller les zones sans nuages sur votre appli météo, accepter de rouler un peu pour trouver un ciel dégagé et parfois patienter longtemps avant que tout s’aligne. Certaines nuit offrent un spectacle continu et d’autres demandent beaucoup de patience pour quelques secondes de magie dans le ciel.

Troisièmement, les conditions météo qui peuvent être très frustrantes. Par exemple, lors de mon voyage d’octobre 2024 en Islande, le premier soir à Stokksnes m’a offert une activité aurorale très puissante mais aussi une couverture nuageuse intense. Impossible de photographier quoi que ce soit. Le deuxième soir, un ciel parfaitement pur mais des arcs auroraux assez discrets.

👉 Les deux nuits avaient du potentiel mais aucune n’était vraiment idéale pour créer une photo épique. C’est typiquement le genre de situation qu’il faut accepter, en se disant que peut-être un jour on reviendra avec un pack chance plus garni.

Dernièrement, il faut malgré tout parler d’une chose que je vois souvent passer sur les réseaux sociaux dans les commentaires sur des vidéos : des attentes irréalistes qu’on a des aurores boréales. Des couleurs éclatantes, des corona à tout va, du violet, du bleu, une composition en or… C’est l’effet Instagram où (malheureusement) tout le monde ne poste que ses meilleures prises et pas toutes les cacahuètes où les conditions sont moyennes.

👉 Les images spectaculaires d’aurores le sont tout simplement pour plusieurs raisons : elles sont souvent prises avec du matériel de haute qualité, dans des conditions quasi parfaites, après plusieurs nuits d’essais. Un premier voyage orienté chasse aux aurores peut devenir vite frustrant si on s’attend à un spectacle permanent et que le ciel ne joue pas en notre faveur. Photographier des aurores demande de la patience, de l’adaptation et une bonne compréhension des conditions, mais n’oubliez pas que la chance joue un grand rôle dans la réussite de ses photos.

Aurores vertes photographiées en Islande au dessus d'une église noire
Aurores au dessus de Budakirkja en Islande. Vous pouvez tourner à 360° autour de l’église, ce qui vous offre une grande flexibilité quant aux compositions selon où les aurores apparaissent dans le ciel. 5″, f/1.8, ISO6400

Le matériel indispensable pour photographier les aurores boréales

Bonne nouvelle, il n’est pas obligatoire d’avoir le tout dernier boîtier à 5000€ pour photographier les aurores. Vous pouvez même les photographier avec votre téléphone ! Mais évidemment, certains choix de matériel facilitent énormément les choses, surtout dans des conditions difficiles comme le froid, le vent et l’obscurité. Si vous voulez jeter un œil à mon équipement complet j’ai écrit un article dédié à ce sujet. En attendant préparons ensemble le sac photo idéal pour partir chasser les aurores !

Quel appareil photo utiliser pour photographier les aurores ?

Éternel débat entre reflex ou hybride… En vrai, les deux fonctionnent. L’important est de pouvoir passer en mode manuel, gérer ses ISO et son temps de pose, et pouvoir photographier en format RAW. Les boîtiers hybrides ont un léger avantage, ils ont en général une meilleure montée en ISO. Et ils sont souvent plus légers, mais ça n’a pas vraiment d’importance lorsqu’on photographie les aurores 🙂 Les éléments les plus importants sont :

  • un capteur plein format : meilleure gestion du bruit
  • une montée en ISO correcte : entre 3200 et 6400 (sans trop dégrader votre photo)

👉 Un boîtier APS-C récent fera aussi très bien l’affaire. Les boîtiers les plus « pénibles » pour la photo de nuit sont les appareils compacts ou bridges, où on a un contrôle assez limité de ses réglages. Dans tous les cas le plus important c’est votre objectif et une bonne maîtrise de votre boitier. Il vaut mieux un appareil moins performant avec des réglages maîtrisés qu’un appareil dernier cri avec des réglages pourris.

Quel objectif est idéal pour les aurores ?

L’élément clé dans votre équipement pour réussir vos photos d’aurores boréales sera votre objectif. Il faut privilégier un objectif grand angle très lumineux.

👉 Grand angle car les aurores occupent souvent une grand partie du ciel et bougent vite. Avec un plan large vous pourrez intégrer un premier plan + les aurores. Idéalement, choisissez un objectif entre 14mm et 24mm en plein format et 10mm et 16mm en APS-C.

👉 Lumineux car une grand ouverture permet de capter plus de lumière (donc de baisser votre temps de pose et vos ISO et éviter du bruit). Idéalement, choisissez un objectif avec une ouverture entre f/1.4 et f/2.8. À partir de f/3.5, ça commence à devenir compliqué et au-delà de f/4, presque impossible.

Une liste d’objectifs populaires pour faire de l’astrophotograhie : Sigma 14mm f/1.8 (celui que j’ai et je ne m’en séparerai pour rien au monde), 24mm f/1.4, 14-24mm f/2.8, 16-35mm f/2.8. Selon la marque avec qui vous travaillez il y en a bien sûr plein d’autres, mais c’est juste une petite liste exhaustive pour vous aider à vous repérer.

Photo d'un objectif Sigma grand angle pour photographier de nuit

Trépied, batteries et accessoires indispensables

Photographier les aurores est toujours synonyme de nuit, souvent de temps froid, vent et neige. Certains accessoires sont indispensables, que ça soit pour éviter les galères, la réussite technique de vos photos ou votre confort personnel. Je ne pars jamais sans :

  • Un trépied stable : j’ai un Leofoto Ranger LS-324C et c’est le mix parfait entre poids, résistance au vent et stabilité. Privilégiez dans tous les cas un trépied robuste, avec une tête solide et si possible un mousqueton ou un crochet pour le lester avec votre sac. Un trépied trop léger vibre facilement avec le vent et peut ruiner la netteté de vos photos.
  • Des batteries en quantité : le froid va vider vos batteries plus rapidement. Si vous faites un timelapse, encore plus rapidement. Prenez minimum 2-3 batteries bien chargées, et mettez les dans une poche intérieure proche de votre peau pour qu’elles restent à bonne température.
  • Une lampe frontale : j’ai la Bindi de chez Petzl, elle pèse 35g et elle est parfaite ! La frontale vous permet de régler votre appareil dans le noir et de vous déplacer en toute sécurité autour de votre trépied. C’est un peu dommage de buter dans votre trépied ou de trébucher alors que le spectacle est en cours… Histoire vécue 😌
  • Une télécommande / retardateur : j’utilise le retardateur mais si vous n’en avez pas vous pouvez acheter une petite télécommande. Ça vous permet de déclencher sans qu’il n’y ait de vibrations.
  • Un petit chiffon microfibre : pour essuyer l’objectif en cas d’humidité.

👉 Bonus pour votre confort personnel : des chaufferettes que vous pouvez glisser dans vos gants ou vos poches pour garder vos mains et vos batteries au chaud, et qui tiennent de nombreuses heures. J’en ai testé un paquet et les meilleures sont celles-là, elles tiennent presque 12h ! Ça fait la différence sur une session de plusieurs heures dans le froid. Et aussi quelques snacks ou une boisson chaude dans votre sac peuvent changer le cours d’une soirée 😌

👉 Astuce de fin de session : si il a fait extrêmement froid et que votre boîtier/objectif a gelé, ne les mettez pas directement sous le chauffage de la voiture ou de votre hôtel. Idéalement, laissez les dans votre sac ou dans un endroit frais quelques minutes pour éviter que de la condensation se forme à l’intérieur de la focale. Vécu en Finlande où mon objectif a gelé par -20°, j’ai été obligée de le laisser « réchauffer » doucement dans mon sac photo puis sur le palier de mon Airbnb avant de le rentrer au chaud.

Réglages photo pour les aurores boréales (pas à pas)

Ça y est, vous avec préparé votre sac, roulé (ou marché) jusqu’à votre spot, installé le trépied, vous êtes face au ciel. Ok mais maintenant, qu’est ce qu’on fait concrètement ? Voilà les étapes que je fais à chaque fois :

1. Passez en mode manuel

La photo d’aurores boréales (ou même l’astrophotographie de manière plus générale) se fait TOUJOURS en mode manuel. Les modes semi-auto ou automatiques ne peuvent pas gérer les variations de lumière des aurores, l’obscurité et le contraste extrême de la nuit.

2. Vérifiez l’ouverture

On opte pour la plus grande ouverture possible. Plus le f est petit, plus l’ouverture est grande. L’ouverture permet de capter plus de lumière, réduire le temps de pose, baisser ses ISO et figer la forme des aurores. L’idéal est entre f/1.4 et f/2.8. Au delà ça va devenir compliqué de photographier les aurores.

3. Faites la mise au point

C’est le plus grand piège dans lequel vous pouvez tomber, surtout au début. Il faut TOUJOURS activer la mise au point manuelle. Vous pouvez ensuite soit faire la mise au point sur une étoile très brillante – et vérifiez la netteté sur votre photo juste après. Certains objectifs ont le symbole ∞ sur la bague de mise au point, il vous suffit d’aligner ce symbole avec le petit trait blanc. Dans tous les cas, pensez à vérifier la mise au point immédiatement. Une mise au point ratée = une photo inutilisable.

4. Trouvez l’équilibre pour les ISO

Il fait nuit, il va donc falloir monter les ISO. Le but est de préserver les détails et les couleurs sans avoir trop de bruit. Un peu de bruit peut se corriger en post-production, mais une photo très sous exposée est plus difficile à rattraper. Optez pour des ISO entre 800 à 2500 si les aurores sont très lumineuses et entre 2500 à 6400 si les aurores sont plus faibles. Ça va clairement dépendre des capacités de votre boîtier, donc c’est bien de savoir à partir de combien d’ISO votre appareil commence à bruiter de manière irrattrapable.

5. Réglez votre temps de pose

C’est le réglage le plus « délicat » à mon sens puisqu’il dépend de la vitesse des aurores. Et ça pas de moyen de le calculer précisément. Au fil du temps vous aurez de plus en plus d’expérience donc vous pourrez « juger » la vitesse d’une aurore et les réglages à appliquer rien qu’en levant les yeux au ciel, mais en attendant vous pouvez vous baser sur ça :

  • 0,2 à 3 secondes : aurores rapides
  • 4 à 6 secondes : aurores très lentes
  • au delà de 6 secondes : les formes se lissent et le ciel devient une grande bouillie verte

Plus l’aurore est rapide, plus le temps de pose doit être court pour conserver un maximum de détails et de dynamique. Le mieux est de faire un test sur plusieurs photos avec 3 expositions différentes : si l’aurore est trop « lisse », écourtez le temps d’exposition. Dans le cas contraire, rallongez le.

6. Autres conseils

👉 Format du fichier : TOUJOURS en RAW. Vous aurez une meilleur plage dynamique, vous pourrez rattraper les hautes lumières, affiner l’exposition et les couleurs et rattraper une éventuelle mauvaise balance des blancs.

👉 Balance des blancs : ça n’a pas forcément d’importance puisque vous photographiez en RAW 😉 Vous pouvez la laisser en « Daylight/Jour », en auto ou régler sur 4000K (ce que je fais). C’est purement un choix artistique qui va osciller entre des tons chauds ou froids, donc à vous de voir devant votre écran. Juste une petite remarque, si vous préparez un timelapse ne le laissez pas en « auto » car il peut y avoir des variations de couleurs et c’est une peine pour rattraper ça ! Réglez la en manuel sur Daylight ou le kelvin de votre choix.

Aurores vertes photographiées en Finlande

👉 En résumé, les réglages de base pour débuter :

  • Format : RAW
  • Mode : Manuel (M)
  • Ouverture : f/1.4 à f/2.8 (le plus petit possible)
  • ISO : entre 800 et 6400 selon la luminosité
  • Exposition : entre 0,5 et 6 secondes selon la vitesse
  • Mise au point : manuelle, sur l’infini ou sur une étoile
  • Balance des blancs : lumière du jour, auto ou Kelvin de votre choix

Aurores en Finlande dans le parc de Valtavaara. 1,6″, f/1.8, ISO3200

Composer ses photos d’aurores boréales

On trouve beaucoup d’articles qui expliquent comment régler son appareil pour photographier les aurores boréales (j’ai absolument rien inventé). Mais une bonne photo d’aurores ce n’est pas seulement une question d’ISO et de temps de pose à mon avis 😌 C’est bien d’avoir la technique, mais en tant que photographe de paysage, je pense que la composition est la base d’une photo réussie. Et que les aurores boréales n’y échappent pas. Un beau premier plan fera toute la différence entre une photo « sympa » et une photo « incroyable ». Pourquoi se contenter uniquement du ciel alors que vous pouvez intégrer une cascade, une montagne ou un humain ?

Composer c’est repérer à l’avance ses spots

Pour la photo de nuit, l’impro totale paie rarement. Repérer ses spots en journée ou même depuis chez soi est un énorme avantage et du temps gagné dans votre chasse aux aurores. Lorsque vous repérez un spot, pensez à :

  • vérifier l’orientation de votre premier plan (est, ouest, nord, sud…) : théoriquement les aurores apparaissent au nord/est/ouest. Le sud c’est plus rare et souvent lors de tempête solaires intenses.
  • regarder si il y a de la pollution lumineuse (près d’une ville ? sous des lampadaires ?) : c’est il y a de la pollution lumineuse = c’est moyen. Mais c’est possible de s’en servir pour éclairer son premier plan intelligemment. Si il y a des lampadaires, oubliez, ça va écraser les aurores.
  • anticiper l’accès de nuit (parking ? rando ? horaires de fermeture ?) : ça coule de source de savoir à l’avance si on peut accéder à un lieu de nuit ou pas. Si c’est interdit de nuit, rayez le spot de votre liste et passez au suivant.
  • regardez si vous pouvez tourner à 360° autour de votre premier plan : si les aurores se déplacent au nord subitement et que vous n’avez pas le temps d’aller ailleurs, est-ce que vous pourrez quand même faire une belle photo ? Privilégiez les endroits où vous pouvez créer différentes compositions autour d’un seul premier plan.

J’explique en détail où, comment et quand voir les aurores en Islande ainsi que mes 5 spots préférés dans un article dédié qui paraîtra bientôt.

Pour vous aider dans votre repérage, vous pouvez utiliser les applis / outils suivants :

  • Google Maps / Google Earth : vous avez l’orientation, accès et relief du spot. Servez vous de la fonction « street view » pour savoir à quoi ressemble le lieu !
  • Photopills : une appli payante mais qui est indispensables pour planifier vos sorties photos.
  • Instagram et Pinterest : pour trouver de nouveaux lieux et vous inspirer.
  • Ma carte interactive de l’Islande : j’ai listé plus de 40 lieux où photographier les aurores, avec toutes les infos utiles (accès, orientation, pollution lumineuse, astuces, etc). Vous avez juste à regarder sur la carte les lieux autour de vous et vous y rendre, pas besoin de réfléchir ou rechercher pendant des heures si un spot est bien 😌
Aurores au dessus d'un rorbuer à travers les nuages en Norvège

Pensez toujours à avoir un plan B, au cas où les nuages sont de la partie dans la portion de ciel juste au dessus du lieu que vous voulez photographier. Par exemple, en Norvège dans les îles Lofoten, j’avais repéré plusieurs rorbuer à différents endroits (moins de 1h de route entre chaque), ce qui m’a permis un soir d’être flexible par rapport aux nuages et de réussir à voir des aurores !

Aurores en Norvège au dessus d’un rorbuer, à travers les nuages. Les lumières de la rue éclairent le premier plan. 0,8″, f/1.8, ISO2500

Intégrer un premier plan pour sublimer votre photo

Qui n’a pas envie de transformer une photo « wow » en photo « woooooow » ? Avoir un sujet à votre photo permet de donner une échelle, de créer de la profondeur et de raconter une histoire magique. Il y a différents types de premiers plans intéressants : cascades, montagnes, arbres, maisons, personne, lacs (reflets)… À peu près tout peut devenir un premier plan au final. Pensez comme une photo classique en pleine journée à utiliser les règles des tiers pour créer un bel équilibre à votre photo finale.

👉 Un petit conseil que je pourrais vous donner est de ne pas hésiter à cadrer plus large que nécessaire. Il vaut mieux recadrer en post-production plutôt que de couper une corona ou un mouvement d’aurore incroyable parce que la composition était trop serrée.

👉 Pensez que la Lune peut éclairer votre premier plan. En temps normal on perçoit la Lune comme un ennemi dans la photographie d’aurores, mais je ne suis pas d’accord ! Il faut juste l’anticiper un peu dans votre repérage : si elle est dans votre dos, elle va créer des ombres (trépied + vous), mais si elle éclaire la scène de côté, jackpot ! Si elle est dans les aurores, elle peut venir les « écraser » si elles ne sont pas assez puissantes.

Composition photo d’aurores boréales avec une cabane éclairée au premier plan
Aurores en Finlande au dessus de la Santa’s cabin de Levi. La pleine Lune est au dessus de la cabane mais les aurores étaient très intenses ce soir là, donc elles restent bien visibles. 1,6″, f/1.8, ISO6400

Retoucher ses photos d’aurores boréales

La retouche c’est un sujet délicat car chacun a sa propre patte et fait ce qu’il veut, donc je vais juste parler de ce que MOI je fais lorsque j’édite des photos d’aurores. Il y a une seule bonne manière de faire, mais j’aime bien que la retouche reste très proche de la réalité.

Retouches de base (Lightroom)

Photo d’aurores boréales brute avant retouche Photo d'aurores boréales après retouche Lightroom

Je retouche toujours dans Lightroom Classic mes photos. Je commence par appliquer une réduction de bruit légère (+ ou – 35), puis j’ajuste la balance des blancs pour retrouver des tons naturels sans passer dans le vert fluo ou le bleu vert. Le but est que ça reste crédible.

Ensuite, je viens appliquer un peu de contraste et créer des calques pour ajouter du noir dans le ciel et du blanc dans les aurores. Ça vient donner un peu plus de peps au ciel et ça permet de structurer l’aurore, sans écraser les détails du premier plan. Je crée également un masque pour le ciel pour ramener un peu de texture et de netteté.

J’enlève ensuite avec la gomme les petits éléments dérangeants. Quand je suis sur place j’essaie d’enlever les branches, cailloux, etc directement, car je sais que ça m’évitera de les enlever en post-production.

Avant/après naturel des aurores à Levi, Finlande. 0,6″, f/2.8, ISO6400.

Ce n’est que mon avis mais je pense que c’est important de garder des couleurs réalistes, de respecter l’intensité réelle de l’aurore et de ne pas générer des images impossibles à voir dans la réalité. Chacun fait ce qu’il veut des ses photos, mais je pense que les aurores boréales sont déjà magiques par nature, donc pas besoin de sur-saturer ses photos. Ça perd en crédibilité et ça ne retranscrit pas l’émotion vécue. Mais encore une fois, chacun fait ce qu’il veut 🙂

Erreurs fréquentes quand on photographie les aurores boréales

Photographier les aurores boréales n’est pas forcément simple. Même avec un bon matériel et une activité aurorale prometteuse, il suffit d’un mauvais réglage, d’un manque d’anticipation ou d’un détail oublié pour rentrer avec des images décevantes… voire aucune photo exploitable.

C’est facile pour moi de dire ça parce que c’est que des erreurs que j’ai faites, surtout lors de mes premières sorties 😅 Entre le froid, la fatigue, l’excitation et l’imprévisibilité des aurores, ça fait un paquet de paramètres à gérer et c’est facile de faire des erreurs. Donc j’ai fait une liste des erreurs les plus fréquentes :

1. Un temps de pose trop long

Les aurores bougent, vous exposez et vous laissez votre timelapse tourner… Sauf que vous avez mis un temps d’exposition de 10 secondes et que les aurores bougent vite. Résultat, le ciel est juste un grand voile verdâtre, sans structure ni texture. Ce qui était vraiment spectaculaire pour vous, avec du mouvement et de belles couleurs, est une bouillie fade sur votre photo.

2. Une mauvaise mise au point

Celle là c’est la classique et je l’ai encore faite en octobre 2024 en Norvège. À vouloir aller trop vite, j’ai fait une mise au point approximative sans vérifier si la netteté était bien présente, et j’ai laissé le timelapse tourner. Résultat, mes photos sont toutes floues et inutilisables. Une simple erreur de quelques millimètres qui ruine une session photo (mais j’en ai profité avec les yeux !).

3. Une composition négligée

Si vous ne capturez que le ciel (je ne parle pas de l’éventualité où vous pointez le centre d’une corona), il manque un point d’ancrage avec la Terre. Ça vous donne une photo avec peu de profondeur et peu d’impact visuel.

4. Le manque de flexibilité

S’acharner à un endroit malgré des conditions déplorables avec des nuages épais ou une mauvaise orientation des aurores est une perte de temps. C’est complètement contre-productif, donc autant aller dormir si ce n’est pour rien voir et rien capturer de la soirée. Savoir renoncer et se déplacer, en prenant le risque qu’il n’y ait pas d’aurores ailleurs, fait partie du jeu.

5. Des ISO trop élevés

Par peur de manquer de lumière, vous augmentez les ISO. Sauf que là vous avez un peu la main lourde et le bruit numérique est irrécupérable en post-production. J’ai fait cette erreur à Skogafoss (Islande) en octobre 2025, avec une belle montée en ISO à 25000. Je ne sais pas ce qui m’a pris, entre la fatigue des trois nuits précédentes, l’excitation, le froid, j’ai juste planté mes réglages. Ça arrive mais c’est le genre de choses dont on s’aperçoit APRÈS, une fois devant son écran tranquillement à la maison. La déception était immense.

Si vous voulez éviter de faire ces erreurs et bien d’autres, j’ai tout détaillé, avec des exemples concrets, photos et des solutions pratiques, dans un article dédié qui paraîtra bientôt : Les 10 erreurs à éviter quand on photographie les aurores boréales. Je vais rajouter une checklist à la fin à garder sur votre téléphone ou dans votre sac photo, pour ne rien oublier avant de partir chasser les aurores et éviter les pièges classiques sur le terrain.

Conseils de terrain après plusieurs hivers à chasser les aurores

J’aimerais conclure cet article en vous disant que photographier les aurores boréales, ce n’est pas seulement une question de technique ou de matériel. Après plusieurs voyages à les chasser plusieurs soirs d’affilé, à rentrer la carte SD vide, à attendre dans le froid, parfois à être récompensée, parfois non, j’ai compris qu’il y a trois points qui feront vraiment la différence.

La patience et la résilience

Les aurores ne se commandent pas. C’est la Nature qui décide si oui ou non vous aurez l’un des plus beaux spectacles de votre vie ce soir. Certaines nuits sont magiques, d’autres non. Il faut accepter de sortir plusieurs soirs, de rentrer bredouille, puis de recommencer le soir suivant. C’est frustrant, mais si vous essayez une seule nuit entre 20h et 21h pendant votre voyage, les chances sont minces que vous puissiez voir des aurores. Il faut persévérer, et les nuits passés à attendre pour rien seront complètement effacées par celles où vous réussirez à voir ces belles lumières.

Accepter l’échec

Ce qu’on ne voit pas sur les réseaux sociaux, c’est l’échec. Personne ne le dit assez, personne ne montre les heures d’attente, les réglages ratés ou les nuits blanches sans résultat. Parfois, malgré une bonne activité solaire, il ne se passe rien. C’est normal, et l’accepter permet de mieux vivre l’expérience. C’est le jeu.

Se préparer est la clé

Une nuit de chasse peut être très longue et fatigante. Très très longue. Quelques détails, comme prendre des vêtements réellement adaptés au froid, des batteries en quantité, des snacks et une boisson chaude, peuvent vraiment faire la différence sur votre moral et votre capacité à tenir dans la durée. Le confort n’est pas un luxe, c’est ce qui vous permet d’être prêts quand les aurores pointent le bout de leur nez.

👉 En clair, une bonne préparation, une bonne maîtrise technique de votre matériel et un bon équipement contre le froid feront la différence. Le reste, c’est une part de chance que la Nature vous offre 😌 N’oubliez pas aussi de lever les yeux vers le ciel, car les aurores c’est très joli en photo, mais c’est aussi un phénomène incroyable à vivre.

Aurores photographiées en Finlande avec la pleine lune

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